Violence au Cameroun : une population prise entre deux feux, selon Amnesty international

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La situation au Cameroun est en train de prendre une « tournure tragique » marquée par des violences et atteintes aux droits humains : assassinats, destructions de biens privés, attaques ciblées, tortures et arrestations arbitraires de la part des séparatistes et des forces de sécurité sont constatés dans les régions anglophones du Cameroun.  Face à cette situation, Amnesty international lance la sonnette d’alarme dans son rapport  publié ce mardi. L’annonce a été faite par l’organisation lors d’une conférence de presse tenue cet après-midi  à Dakar.

«Dans les régions anglophones du Cameroun, la population est prise au piège d’une violence meurtrière. Les forces de sécurité ont tué aveuglement, arrêté et torturé des personnes lors d’opérations qui ont fait des milliers de déplacés. Cette réaction brutale ne peut aucunement endiguer la violence. Il est même probable qu’elle isole encore davantage la population anglophone et alimente les troubles », déclare Samira Daoud, directrice adjointe du bureau régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Cette réaction de l’armée camerounaise est intervenue suivant des violences perpétrées par les troupes séparatistes du Sud-ouest et au Nord-ouest du pays, appelés Ambazonie et dont les sécessionnistes veulent proclamer l’indépendance.

« Les séparatistes armés (…) ont tué des dizaines de membres des forces de sécurité. Ils ont aussi mené des attaques destinées à terroriser la population, allant jusqu’à incendier des écoles et à agresser des enseignants qui ne participaient pas au boycott », a ajouté Samira Daoud.

Ainsi, le rapport d’Amnesty  publié ce mardi « se veut équilibré » et sera basé sur « des témoignages de personnes, de preuves matérielles et d’images satellites» montrant la gravité de la situation, explique Ilaria Allegrozzi, chercheur d’Amnesty  international au Tchad.

Toutefois, l’organisation attend de la part du gouvernement camerounais que les personnes ayant participé soient identifiées et poursuivies. Et que les forces de sécurité cessent de s’en prendre aux civils dans le cadre de leurs interventions. De plus, l’organisation des droits humains interpelle la communauté internationale pour contraindre les autorités camerounaises à prendre les mesures idoines contre ces exactions.

Source : SeneNews.com

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