Sortie sur les anciens combattants : Le dessert salé de Macky

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Au moment où les conseillers en communication d’Idrissa Seck perdent le sommeil du fait d’une erreur de communication, le Président Sall entre dans la danse avec sa déclaration sur le dessert auquel auraient eu droit des combattants sénégalais, contrairement à ceux d’autres pays africains.

Une sortie qui a soulevé un tollé général car nombre d’intellectuels sénégalais et africains n’ont pas compris, qu’au moment où l’Afrique rêve de sortir des stigmates de cette période sombre de son histoire qui est la colonisation, qu’un Chef de l’Etat, né après les indépendances, y voit des choses positives en évoquant des desserts. Car, les desserts comme les bonbons ravivent de vieux souvenirs sur l’infantilisation du noir, etc. Une époque qui a incité la naissance de mouvements comme la négritude. Certains l’ont même interprétée comme une insulte à la mémoire des anciens combattants.

Certes, tout n ‘a pas été négatif dans l’entreprise coloniale, mais cela ne fera pas oublier qu’il s’agit, en priorité, d’une entreprise funeste d’envahissement par la force de peuples par un autre. Cette démarche avait des soubassements bassement matériels et géopolitiques au moment où la concurrence était rude entre pays européens.

Le fait que nos ancêtres aient été mobilisés dans l’armée française ne leur pas pour autant permis d’avoir les mêmes droits que les anciens combattants français.

Pis, le tragique épisode de Thiaroye 44 où le massacre d’anciens tirailleurs qui ne réclamaient que leurs droits, en dit long sur l’esprit qui guidait le colon en ce moment-là. S’il y avait faute militaire, la cour martiale était compétente pour les jugeait. Le fait qu’ils soient réduits en cendre au point que les cadavres ne puissent être identifiés est un crime contre l’humanité, par ailleurs imprescriptible.

Si le Sénégal avait suffisamment de cran, il aurait exigé un procès pour crime de guerre, crime contre l’humanité.

Et tout cela nous le savons et nous n’en sommes pas du tout fier.

Il est alors regrettable que nos personnalités publiques, ceux à qui nous avons confié le destin de notre peuple, se mettent à tenter de voir du bon dans cette entreprise coloniale dont les séquelles nous empêchent d’avoir une souveraineté digne de ce nom. Même pour ramasser nos ordures, nous dépendons encore de l’extérieur et nos enfants qui tentent d’aller immigrer dans ces contrées sont traitées comme des envahisseurs malsains.

La colonisation a engendré le découpage de l’Afrique fait à Berlin avec le dessein évident de créer de micro-Etats qui ne peuvent avoir d’autonomie ni sur le plan économique ni sécuritaire.

La preuve, les desserts, on continue à nous les donner. Ce sont les aides au développement de la part d’un pays qui fabrique notre monnaie et à qui nous versons des réserves de l’ordre de 50% au niveau de son trésor, et à l’égard duquel nous sommes encore dépendants des entreprises qui gèrent l’essentiel des secteurs stratégiques dans nos pays sans oublier la tutelle sécuritaire, etc. Il n’y a pas quoi en être fier.

Or, à coup sûr, les peuples africains aspirent à autre chose. Il faut que nous prenions notre destin en main. Et pour cela, seuls nos dirigeants peuvent en incarner la dynamique.

Malheureusement, en raisonnant de la sorte, Macky administre la preuve qu’il ne faut pas compter sur lui pour asseoir les bases de cette nouvelle Afrique, celle-là de la vraie souveraineté où les partenariats se feront en toute liberté, gagnant-gagnant sans contrats léonins.

La polémique sur l’autoroute à péage et celle sur la mise en examen de Vincent Bolloré viennent à peine de s’estomper que le dessert des anciens combattants sénégalais vient raviver une polémique sur certains de nos chefs d’Etats trop enclins à travailler pour l’intérêt de la France à qui ils doivent parfois beaucoup pour leur élection ou réélection.

En tout état de cause, ce geste héroïque du jeune malien Mamoudou Gassama qui a pris beaucoup de risque pour sauver un jeune Français, démontre, à loisirs, qu’entre Français et Africains,  peuvent s’établir des relations saines dépourvues de toutes formes d’exploitation, d’arrière-pensées et de calculs.

Ce jeune n’avait fait ce geste ni pour être naturalisé, ni pour être pompier en France encore qu’il est heureux qu’il soit ainsi. Il a juste agi par humanité.

Mais on ne peut pas toujours dire de même des interventions françaises en Afrique.

Assane Samb


Source : Rewmi.com

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