Parrainage: Une réunion sur fond de désaccords et de cacophonie  

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Le Ministre de l’Intérieur et les représentants des potentiels candidats à la présidentielle de 2019, étaient en conclave hier pour débattre des modalités de mise en œuvre du parrainage. Mais la rencontre s’est achevée sans le moindre accord ni aucune déclaration commune. Retour sur une journée de cacophonie !

 Premier couac ! Le Ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, qui a convoqué la rencontre, a brillé par son absence. Aly Ngouille Ndiaye a été représenté par Bernard Casimir Demba Cissé, Directeur de la formation et de la communication de la Direction générale des élections (DGE). Une attitude qu’a déplorée l’opposition, notamment Alassane Ba, coordonnateur du candidat  indépendant, José Emmanuel Sarr : « Nous nous attendions à être reçus par le Ministre de l’Intérieur. Nous avons des questions à lui poser. On ne voit pas quelle était la pertinence d’avoir un fichier numérique et un fichier en papier parce que la signature est bien inscrite sur le (premier) mais pas sur la version numérique.»

 Le Pds dénonce l’amateurisme d’Aly Ngouille Ndiaye

Par la voix de son représentant Cheikh Dieng, le Pds pointe du doigt l’amateurisme et l’impartialité du Ministre de l’Intérieur sur le processus électoral. « Il nous fait perdre toute une journée pour nous remettre des documents disponibles sur le net. Nous avons demandé, conformément au code électoral, à disposer du fichier électoral parce que les parrains doivent être obligatoires sur le fichier électoral. Le candidat Macky Sall dispose de ce fichier électoral et aucun des autres candidats n’en dispose. Ce qui est une violation flagrante de la loi électorale qui requiert que tous les candidats soient au même niveau d’égalité dans le processus électoral », s’indigne Cheikh Dieng, furax. Il ajoute : «Nous avons donc cette première rupture de l’égalité des candidats, avec une faveur accordée au candidat Macky Sall par son poulain Aly Ngouille Ndiaye. Avant de demander aux candidats d’aller collecter des parrains, il devrait définir de manière très claire sur quelle base ce parrainage sera évalué. Cela montre la volonté manifeste de Macky Sall d’organiser une non élection au Sénégal, de confisquer le pouvoir. Et cela, nous ne l’accepterons pas. » Pis, Cheikh Dieng souligne que le Pds et l’opposition récusent l’organisation des élections par le ministre Aly Ngouille Ndiaye». 

Thierno Bocoum dénonce déjà des dysfonctionnements

Thierno Bocoum parle de violation de la loi. Le leader du mouvement AGIR, candidat déclaré la présidentielle de 2019, déclare que ce processus a été biaisé dès le début. Selon lui, la fiche de collecte devait être remise aux candidats déclarés en format électronique et en format papier depuis le 23 août, date à laquelle le montant de la caution été, officiellement, fixé. Ce dysfonctionnent, note l’ancien parlementaire, prouve à suffisance que Macky Sall et son régime sont dans une logique de fraude.

Manko de Khalifa Sall récuse Aly Ngouille

Idrissa Diallo, qui a représenté Khalifa Sall à la réunion sur le parrainage, à l’instar des autres coordonnateurs nationaux, récuse Aly Ngouille. Ce dernier, dit-il, ne peut pas organiser les élections parce qu’ « il ne peut pas être juge et partie ».  Concernant le parrainage, il demande que tous les candidats soient traités au pied d’égalité. Il déplore déjà les nombreux « couacs et malentendus » enregistrés  sur le processus du parrainage. Même son de cloche pour le coordonnateur de «République et Démocratie» (RD) de Cheikh Hadjibou Soumaré. Selon Mamadou Dia Mbaye, le candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar (Bby), Macky Sall, a une longueur d’avance sur eux. Pour étayer ses propos, il souligne qu’Aly Ngouille Ndiaye siège en même temps au sein du Secrétariat exécutif national de l’Apr et est chargé d’organiser les élections. « Macky Sall a déjà en sa possession le format du document du parrainage et part, ainsi, avec une longueur d’avance », déplore-t-il.

Mimi Touré : « S’il n’y avait pas le parrainage… »

Aminata Touré, Coordonnatrice nationale au parrainage de Benno Bokk Yaakaar (Bby), prend le contrepied de l’opposition. Elle se réjouit du parrainage, et pour cause. « Nous avons pu constater qu’il y avait environs 81 candidats à la candidature de la présidence de la République. Si on n’avait pas ce parrainage, on allait passer une semaine à voter. Il est évident que cela n’est pas possible », dit-elle. Jugeant pléthorique le nombre de ces potentiels candidats, elle estime que le parrainage est venu à son heure. «Tous les candidats ne se sont pas encore manifestés. C’est incroyable. Heureusement qu’il y a le parrainage qui nous donne raison … », se réjouit-elle. Avant d’ajouter : «Une démocratie, il faut l’organiser. C’est ce qui explique à posteriori la pertinence de la loi sur le parrainage comme cela se passe dans tous les pays du monde. On ne peut pas avoir un processus où le désordre règne. Il fallait avoir cette loi sur le parrainage pour continuer à crédibiliser notre démocratie. »

Georges Emmanuel NDIAYE

 


Source : Rewmi.com

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