OpinionGrève salvatrice… (par Oumar Sow DIAGNE)

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Grève salvatrice… (par Oumar Sow DIAGNE)
Grève salvatrice… (par Oumar Sow DIAGNE)

Il y a quelques mois un ami m’a interpellé sur les probables conséquences de cette paisible année scolaire. Je lui avais dit que malheureusement rien avait bougé dans le fond… Le système est resté le même avec ses … réalités!

Où es tu passée, salvatrice grève? toi qui me permettait de voiler tranquillement mes insuffisances? Se lamenta le système éducatif sénégalais.

Eh oui depuis des décennies la récurrence des perturbations en cours d’année a été l’arbre qui cachait la forêt. Les pauvres enseignants bouc émissaires, portaient le bonnet d’âne malgré eux. Voilà qu’aujourd’hui se lève le voile de la douce illusion: celle d’un bon système mais éprouvé par des grèves.

Les résultats du Baccalauréat 2019 tombent et fracassent les « prévisions ». Même si le second tour n’a pas encore livré toute sa provision, le premier tour suffit largement pour évaluer la situation. Cette année encore, nous aurons plus de 60% d’ECHEC! Je puis assurer avec certitude, que depuis 20 ans nous n’avons pas atteint la barre des 50% de réussite, et même celle des 40% n’est guère constante.

A t-on jamais atteint cette barre des 50% d’ailleurs? Je ne le crois pas.

Maintenant la grande interrogation est: Comment se fait-il qu’une telle catastrophe ne puisse être érigée en priorité nationale dans un pays où l’école existe depuis 2 siècle ?

Dans nos pays les questions d’éducation bien que cruciales ne se discutent qu’en période de crise et d’examen. Les questions soulevées actuellement de tout bord relèvent d’un mal profond, mais avant d’y venir, revisitons ces quelques lignes tirées de l’oeuvre « Dans le cours de récréation, une école fictive »:

《De l’intérieur, on constate avec surprise la putréfaction du milieu calfeutrée dans des apparences modestes semblant tendre vers un idéal. Il existe toujours des habits de martyr à la disposition des parias dans un palais qui couve un crime très bien organisé. Consommateurs actifs, nous assistons au massacre d’innocents esprits. Incompris de la plupart de la population, après plusieurs campagnes de   «décrédibilisation » menées par l’autorité, soutenue par certains médias, nous sommes devenus l’ombre de ce que nous étions censés être : de simples pions sur l’échéquier de la « salvatrice » mondialisation.》

Voilà ce que j’écrivis il y a deux ans dans l’oeuvre citée plus haut. Ainsi décrivais – je la supercherie, les faux semblants, l’illusion, mis à nus aujourd’hui avec son lot de nébuleuses…

Qu’est ce qui n’a pas marché?

Rien a marché serait – on tenté de répondre avec moins de 15% au premier tour. La France que nous prenons souvent en référence, malgré un baccalauréat mouvementé s’en est tirée avec un taux de 88,1% de réussite toutes filières confondues. Le Bac génèral lui, caracole au dessus des 90%.

-Faudrait il revoir les sujets? Que nenni! La majeur partie des candidats interrogés à ce sujet les ont trouvés abordables.

-La correction certainement? Elle peut être considéré comme facteur aggravant lorsqu’on sait que le nombre de correcteurs a été réduit et les conditions de travail ne sont pas des meilleures. La pression éxercée sur les jurys pour une délibération peut conduire à une sorte de précipitation qui pourrait porter préjudice aux élèves, mais elle pourrait également être en leur faveur. Ce qui fait de la correction un facteur certes important mais plutôt aléatoire. Mais toujours est-il que le ratio correcteur/nombre de copie et temps de correction doit être rationalisé.

– Il se pourrait également que les élèves ne fournissent pas les efforts nécessaires ?

La baisse du niveau n’est plus un secret. Elle est décriée depuis plusieurs années maintenant mais l’on peine à remonter la pente. Les responsabilités demeurent partagées, cependant l’implication des élèves dans les études d’une manière générale mériterait une plus grande considération. Ce qui indexe directement le systéme dans lequel ils évoluent. Oui le systéme éducatif aussi bien au niveau central que dans toutes ses composantes est ce qui n’a pas marché. De l’orientation stratégique à l’orientation des bacheliers en passant par les enseignements-apprentissages et l’organisation des examens, les scories et incohérences font légions.

Et que l’on ne s’y trompe pas, le systéme n’a jamais été trés performant, il fut juste trés sélectif. Seulement le nombre (pas le taux) n’était pas aussi important… Peut-être, y reviendrons nous, également avec toutes les conséquences directes et les dommages collatéraux.

Que faire?

Refaire, Réforme?

Les réformes n’ont jusque là servi qu’à accélerer un nivellement vers le bas et ceux à tous les niveaux. Est -il nécessaire de citer des exemples?

Les multitudes de projets venus de l’extérieur qui sont sensés améliorer la qualité des enseignements se soldent concrétement par des échecs jamais avoués, mais se présentent   avec des statistiques savamment fabriquées. Ce qu’il faut retenir de ces réformes est la relativité de leur succés programmé, et leur inefficience dans l’absolu.

Au baccalauréat de cette année, malgré la faiblesse des résultats, il est fait mention d’une certaine progression des résultats dans les filières scientifiques. Une donnée devant donner crédit et considération à la récente et oh combien tapageuse campagne de promotion de la science, mais qui prouve encore à mon sens l’éxigence indûe des résultats escomptés.

Au grands maux les grands remèdes et il n’y en a pas de miraculeux; celui que je préconise toujours, la répétition étant pédagogique est une Refondation de l’école sénégalaise.

Avec une telle sélection, peut être ne douterons – nous pas de la valeur du diplôme mais de la qualité de l’école sénégalaise avec ses échecs constants et récalcitrants de plus de 60% depuis au moins 20 ans.

Tous pour la Refondation de l’Ecole sénégalaise!

Oumar Sow DIAGNE

Enseignant/Ecrivain

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Source : SeneNews.com

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