KHADIM N’DIAYE PORTIER DES LIONS: «On va mourir les armes à la main »

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Gardien du Sénégal, le vétéran Khadim Ndiaye nous présente ici son parcours cabossé, entre goût de la simulation, crochets sur Samuel Eto’o, essais en Europe et bagarres de rue. Avec une certitude sur la Coupe du monde en Russie : « Ça va saigner. »

Moi Khadim Ndiaye, le plus grand simulateur de l’histoire ?

« C’était la fin du match, l’Algérie poussait fort, et l’équipe était fatiguée. Il fallait gagner du temps, permettre à mes coéquipiers de souffler. On était déjà qualifiés, on avait mis les remplaçants, donc dans l’absolu, je n’étais pas obligé de le faire. Mais c’était mon seul match de la compétition, je voulais éviter la défaite et les critiques. Je m’étais déjà entraîné à le faire, car j’étais joueur de champ dans ma jeunesse. Quand ce n’est pas trop flagrant, ça paye. J’ai un peu hésité au moment de le faire, puis je me suis dit que je ne risquais pas grand-chose. Au pire, un carton jaune pour gain de temps, mais il ne pouvait pas y avoir penalty. C’était un risque calculé. Oui. C’est bien, c’est une bonne chose. C’est beau d’être le meilleur dans un domaine, c’est une satisfaction. (Rires.) La triche fait partie du jeu, il n’y a qu’à voir Maradona et Messi qui ont marqué des buts de la main, ou Thierry Henry contre l’Irlande… Même dans mon club, ils m’en parlent encore, ils me demandent : « Mais comment as-tu pu t’en tirer ? » J’ai simplement dit à l’arbitre que j’avais mal à la cheville. »

Moi Khadim, meilleur gardien et meilleur joueur étranger du championnat Guinéen ?

« Si, en 2012, j’ai failli signer à Kalmar, en Suède. Je n’aime pas trop me le rappeler. Je suis venu, mais rien n’a marché. « Ils avaient le choix de me prendre ou de garder un Brésilien de 19 ans qui était trop fort, et finalement je suis resté à quai. » Le titulaire, c’était Etrit Berisha, qui est à l’Atalanta aujourd’hui. J’ai fait de bons matchs là-bas avec la réserve, on a discuté salaire et contrat, ils m’ont demandé de revenir sous quinze jours. Il fallait que j’aille à Abidjan prendre un visa long séjour pour la Suède. Ils voulaient me prendre, mais ça a traîné à cause d’un dirigeant du football sénégalais qui était trop gourmand, il voulait plus que les 45 000 dollars que le club proposait. Finalement, ils avaient le choix de me prendre ou de garder un Brésilien de 19 ans qui était trop fort, et finalement je suis resté à quai. »

Moi Khadim Ndiaye et Sadio Mané…

« C’est un petit génie. Il est jeune, mais c’est un vrai leader, de haute qualité et de grande classe. Tout le monde le respecte. Tu sais ce qu’il a fait récemment ? Kara Mbodj s’est blessé et Sadio a insisté pour prendre en charge ses frais médicaux. C’est un geste qui a fait pleurer Kara. C’est symptomatique de Sadio : il est gentil, il aime ses amis, il est humble. Il ne se prend pas pour une star, il se rabaisse toujours, il essaie de passer inaperçu. Pourtant, sur le terrain, tu ne vois que lui. C’est mérité, car à l’entraînement, il bosse et il répète sans relâche, il ne fait rien à l’improviste. Quand il est là, cela me rassure, car je sais qu’on ne sera jamais battus 1-0, puisqu’il va toujours marquer ou faire marquer. Il est de la trempe d’Eden Hazard ou de Lionel Messi, c’est lui qui fera la différence. À ma charge de ne pas prendre de buts et on ira loin tous ensemble. »

L’équipe qui m’inquiète le plus…

Dans notre poule, l’équipe qui m’inquiète le plus, c’est le Sénégal. On est capables du meilleur comme du pire.  Mais on est des Sénégalais, il n’y a rien qui nous fasse peur.

 


Source : Rewmi.com

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