ExclusifAujourd’hui, 13 juillet 2004 : Le décret de l’Etat du Sénégal qui réorganise le BFEM

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Aujourd’hui, 13 juillet 2004 : Le décret de l’Etat du Sénégal qui réorganise le BFEM
Aujourd’hui, 13 juillet 2004 : Le décret de l’Etat du Sénégal qui réorganise le BFEM

Afin de rendre le diplôme du Bfem plus accessible, les autorités éducatives du Sénégal décident de revoir les textes régissant l’organisation dudit concours. Conformément au niveau des candidats qui devient de plus en plus faible, le décret du 13 juillet 2004 relatif au Bfem vient apporter beaucoup de souplesse, des changements dans l’organisation matérielle de l’examen en question.

La teneur du décret n°2004-912

Avec le décret n° 2004-912 du 13 juillet 2004, des modifications importantes sont apportées dans le déroulement et l’organisation du Bfem. La plus en vue reste la suppression des épreuves orales que constituait le deuxième groupe. En effet, avant la signature dudit décret, les épreuves du deuxième groupe du Bfem se faisaient toutes à l’oral. C’est donc à partir de l’examen du brevet de fin d’études moyennes (bfem) de l’année scolaire 2004-2005 que l’oral cède sa place à l’écrit obligatoire.

Cette mesure qui est valable pour aussi bien l’option française que l’option franco-arabe est accompagnée d’autres modifications non moins importantes. Il s’agit entre autres de la note pour être déclaré admis d’office (10/20), de la note requise pour bénéficier d’un repêchage au premier tour (9,5/20) et de la moyenne pouvant amener l’élève au second tour (08/20). Ces dispositions sont à trouver dans les articles 24 et 25 du décret n° 2004-912 du 13 juillet 2004.

Au-delà du décret : quand le Bfem perd de sa valeur

L’organisation du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) est une véritable catastrophe depuis quelques sessions. Cette situation lamentable, qui fait du Bfem un diplôme dépourvu de toute valeur, saute aux yeux de tous les acteurs de l’éducation et interpelle. De la surveillance des épreuves à la délibération, l’examen en question a fini par n’être qu’une évaluation sans enjeu.

Aussi surprenant que cela puisse être, le décret du 13 juillet 2004 a juste facilité l’obtention du diplôme et le passage en classe de seconde tant l’organisation du concours dans sa globalité est un fiasco. En effet, la dévaluation du Bfem commence par la surveillance des épreuves qui met souvent  certains enseignants en contact avec leurs anciens élèves. Cela n’est pas inconnu des autorités et pourtant elles laissent faire.

Les académies et les inspections de l’éducation de la formation (ief) retiennent les enseignants de l’élémentaire à leurs lieux de service pour les besoins de la surveillance au lieu de les affecter dans d’autres localités pour au moins préserver le minimum de valeur qui reste au diplôme. Très souvent, ces surveillants ne font pas la tâche qui leur est dévolue mais ils se font parfois même complices de la tricherie qui rythme l’examen notamment dans les centres secondaires où les examinateurs ne mettent presque jamais les pieds.

Le manque d’objectivité dans la correction et la générosité des jurys

L’affectation des correcteurs aussi a commencé, dans certaines zones, à subir le même manque de rigueur. Des années avant, les correcteurs choisis pour le Bfem étaient affectés dans des contrées très éloignées de leurs lieux de service pour garantir un minimum d’objectivité, ce qui n’est plus le cas. Il peut arriver maintenant que des correcteurs soient amenés à corriger les copies de leurs anciens élèves avec le système de redéploiements tous azimuts.

Si le taux d’admission au Bfem est fort appréciable dans certaines zones, c’est dû en grande partie au manque de sérieux dans la surveillance, le manque d’objectivité dans la correction et même la générosité débordante des jurys lors des délibérations. Pourtant quelque chose devait nous interpeler face à cette situation: comment est-ce que des élèves qui n’arrivent pas à avoir une moyenne de 8 dans les différents semestres en évaluation interne peuvent avoir leur brevet de fin d’études moyennes ? La performance au Bfem étant en toute logique la somme des performances semestrielles, un élève sans niveau ne peut réaliser le miracle de passer, même pas au second tour.

Conséquence de ce manque de niveau, un énorme taux d’échec au Baccalauréat

C’est malheureux de constater que les classes de troisième sont aujourd’hui occupées par une grande majorité d’élèves qui cherchent la moyenne après avoir eu leur Bfem. Avant la réforme apportée par le décret n° 2004-912 du 13 juillet 2004, la situation était toute autre. Le candidat ne pouvait espérer passer en classe supérieure qu’avec l’obtention du Bfem et une moyenne de 10 ou bien s’il est crédité d’une moyenne de 12 sans le brevet qu’il devra reconquérir. On assiste aujourd’hui au renversement de la courbe. Là où des élèves ayant déjà obtenu la moyenne cherchaient délibérément le Bfem, on constate aujourd’hui des élèves qui ont le Bfem et qui peinent à avoir la moyenne de 9.

Ce renversement de la situation conduit à une baisse hallucinante du niveau des élèves qui seront admis au Lycée. Nombre de lycéens font montre en effet d’un bagage intellectuel qui frôle le néant. Cela est d’autant plus compréhensible que l’élève, même faible, peut bénéficier de repêchage de la 6e à la terminale. Il n’y a pas un niveau, dans le système actuel de passage en classe supérieure, pour lequel on demande à l’élève d’avoir une moyenne de supérieure ou égale à 10. Même dans le cycle secondaire, à partir de la seconde, avec une moyenne annuelle de 9, l’élève peut ramper jusqu’en terminale. Ce qui explique le mauvais taux obtenu chaque année au sortir de l’examen du Baccalauréat même quand l’année scolaire est paisible comme 2018-2019.

Par Ababacar Gaye

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Source : SeneNews.com

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