Des agents de la structure financière Manko condamnés

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Amadou Dabo, Serge Diédhiou et Abdoulaye Waly Baldé, tous des agents de Manko, une structure financière, ont été condamnés à 3 mois de prison assortis du sursis. En plus de cette peine, ils doivent verser 2 millions de nos francs au plaignant. Ils ont été déclarés coupables de menaces, violences et voie de faits.

 3 mois de prison assortis du sursis, c’est la sentence prononcée, avant-hier, par le président du tribunal des flagrants délits, contre 3 employés de la structure financière Manko, en l’occurrence Amadou Dabo, Serge Diédhiou et Abdoulaye Waly Baldé. Selon le plaignant Mangoné Diop, commerçant de son état, c’est l’agent de recouvrement Abdoulaye Waly Baldé qui l’avait trouvé un jour à son lieu de commerce pour lui proposer un financement de 4 millions 500 mille francs. Intéressé, il a pris le prêt avec un engagement de lui rembourser la somme 5 millions. Cependant, il a eu des difficultés financières au moment où il devait éponger sa dette. C’est sur ces entrefaites que les susnommés ont assiégé à deux reprises sa boutique et son domicile pour réclamer leur argent. « C’est un jour de vendredi qu’Abdoulaye Baldé m’avait trouvé à mon lieu de commerce, en compagnie d’Amadou Dabo et de Serge Diédhiou. Quand, je leur ai dit de m’accorder un délai, ils ont refusé. Ils se sont mis à m’insulter et à me traiter de tous les noms d’oiseaux, tout en menaçant de me battre. Confus, je me suis rendu avec eux à bord de mon véhicule chez le gérant du supermarché qui est à côté de chez moi », a-t-il dit au juge. Avant de poursuivre : « lorsque ce dernier m’a prêté 4 millions 500 mille francs, je leur ai immédiatement versé l’argent. Après avoir pris congé d’eux, ils sont revenus le lundi suivant à la charge, en compagnie de trois autres personnes. Me trouvant, cette fois-ci, dans mon domicile à 8h du matin, ils m’ont réclamé le reliquat de 500 mille francs. N’étant pas en mesure de les payer, ils ont commencé encore à m’injurier ».

 Poursuivi par les prévenus, le plaignant a heurté le pont de la Foire alors qu’il était en moto

A l’en croire, il est sorti, sur ces entrefaites, pour se rendre à la gendarmerie de la Foire, mais a été stoppé par les mis en cause qui lui ont intimé l’ordre de ne pas monter dans mon véhicule. « Alertés par le bruit, mes voisins ont rappliqué sur les lieux avant de nous séparer. Ainsi ai-je rejoint ma voiture et, immédiatement, Amadou Dabo et un de ses acolytes sont montés dedans. Il s’en est suivi une course-poursuite entre Abdoulaye Baldé qui était à bord de sa moto. J’ai heurté le pont de la foire et tous les 6 se sont mis à me rouer de coups. L’un d’entre eux m’avait même étranglé. Après avoir sauvé ma peau, j’ai accouru à la gendarmerie pour de déposer une plainte », a dit le plaignant, selon qui les 3 millions 500 mille francs qu’il devait verser à la société NMA Sanders avaient aussi disparus. Interrogés à la barre, les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés. Pour Amadou Dabo, l’adjoint au chef d’agence de l’institution financière, ils se sont justes limités à réclamer leur argent à la partie civile. « A chaque fois, il s’éclipsait dans la nature. Le jour où il a heurté la moto de Baldé, personne n’a levé la main sur lui. Et au moment où il se rendait à la gendarmerie, il avait verrouillé les portes de sa voiture. On n’a pas pris son argent », a-t-il déclaré. Il ajoute : « c’est la partie civile qui me menaçait à chaque fois que je l’appelais au téléphone pour lui demander de me payer. Raison pour laquelle, je me sui rendu chez lui avec mes co-prévenus. J’avais même envisagé de porter plainte contre lui ».

La partie civile avait réclamé 5 millions à titre de dommages et intérêts

Prenant la parole pour assurer la défense des intérêts de la partie civile, Me Yakhya a réclamé 5 millions de francs à titre de dommages et intérêts. « Ils ont utilisé des techniques mafieuses contre la partie civile pour l’amener à éponger sa dette. Ils l’ont humilié, terrorisé, injurié et violenté. Il l’avait même séquestré pendant des heures dans sa voiture, lorsqu’ils s’étaient rendus la première fois dans son lieu de commerce », a soutenu la robe noire. De son côté, le maître des poursuites a aussi dénoncé le comportement des prévenus. Sur ce, il a demandé au juge de les déclarer coupables des délits de coups et blessures volontaires et menaces à l’endroit d’Abdoulaye Baldé et de les condamner à six mois assortis du sursis. Pour Amadou Dabo et Serge Diédhiou, il a sollicité la disqualification des faits en séquestration. Avant de demander leur relaxe pour l’infraction de vol en réunion. Avocat de la défense, Me Diagne a plaidé la relaxe de ses clients. « La partie civile a fait établir un certificat médical de complaisance. L’homme de l’art n’a mentionné dans le document que des traces d’étranglement. Donc, les faits de coups et blessures volontaires assortis d’une interruption temporaire de travail de 7 jours ne sont pas établis. Il en est de même pour les autres infractions. Mes clients n’ont fait qu’aller à la rencontre de la partie civile pour se faire payer », a déclaré l’avocat. En rendant sa décision, le juge a suivi le maître des poursuites dans ses réquisitions avant de les condamner à trois mois avec sursis. En plus de cette peine, ils doivent verser 2 millions de nos francs à la partie civile.

Cheikh Moussa SARR

 


Source : Rewmi.com

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