Dakar une capitale sans trottoirs

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Difficile de suivre un trottoir sans être bloqué par une table de commerce, des gravats ou des ordures. Notre capitale fait face à une occupation anarchique de sa voie publique. Un tour au quartier HLM nous en dit plus !

 Marcher sur un trottoir est devenu un luxe pour les Dakarois. La capitale fait face à une occupation anarchique de la voie publique. Les trottoirs sont occupés de façon anarchique. Certains sont même transformés en garages de mécanicien, en comptoirs de commerce et en dépotoirs d’ordures, de sable et de gravats. Ce qui donne un autre visage pour cette ancienne capitale de l’Afrique occidentale française.  Une situation qui cause beaucoup de problèmes pour les piétons qui y risquent parfois leur vie. Trouvé aux HLM 5, Souleymane Guèye, retraité de son état, sirotait tranquillement sa tasse de café. Interrogé sur ce fléau, il se donne à cœur joie. « Le problème de l’occupation anarchique des trottoirs s’explique par la nouvelle configuration de la capitale. Il n’y a pas beaucoup  d’espaces dans notre capitale. Les marchés poussent comme des champignons et la population dakaroise s’agrandit de jour en jour. A Dakar, il y a  beaucoup de travailleurs qui sont dans le secteur informel comme les  vendeurs, les ambulants qui n’ont pas d’espace dans les marchés pour écouler leurs produits et qui occupent anarchiquement ces trottoirs », martèle ce vieux retraité.

A l’en croire, le manque d’espace est la principale cause. Loin d’en faire une fatalité, Souleymane Guèye estime qu’on doit réguler cette situation en leur trouvant des sites de recasement. En ce concerne, les mécaniciens et les automobilistes qui y ont élu domicile sur la voie publique, ce retraité est d’avis que cette situation est due au fait que les magasins situés dans les maisons sont transformés en un espace de commerce  (boutiques ou services). « Ils sont obligés de se stationner sur les trottoirs », justifie-t-il. En citoyen averti, Souleymane Guèye n’écarte pas les dangers que cela peut causer. « Cet encombrement constitue un danger réel pour les piétons. Une voiture peut avoir des problèmes de freinage, d’embrayage ou, en évitant une personne ou une voiture, virer automatiquement vers le trottoir et forcement il va y trouver des passagers », regrette-t-il. Sur la décharge de gravats  sur la voie publique, M. Guèye pense que la solution était de ne plus accepter qu’on les laisse sur la voie. « Tout doit être programmé,  c’est-à-dire faire rapidement les travaux pour libérer l’espace. Gouverner c’est prévoir, donc la mairie étant une structure de l’Etat, elle doit agir avant que cela ne déborde pas car ils ont les moyens pour réagir, ils ont les conseillers qui peuvent les orienter pour régler ces problèmes. Il ne faut pas attendre qu’un accident survienne et que les gens entre-tuent pour réagir », a soutenu Souleymane Guèye.

 

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« Cette situation bloque la circulation des voitures et des personnes »

Embouchant la même trompette, Mouhamed Niang, commerçant au marché HLM, juge anomale l’occupation anarchique des trottoirs. « C’est un risque pour les piétons, et de manière générale pour tout le monde. Les trottoirs occupés, les piétons sont obligés de passer sur la route et sont exposés à des risques, c’est-à-dire qu’il peut avoir des accidents car une voiture ou une moto qui peut vous frôler »,  explique le commerçant. Et de renchérir : « Ces occupants des trottoirs pensent que les passages-piétons leur appartiennent et, du coup, se les disputent avec les piétons et les renvoyent sur la route. Cette situation bloque la circulation des voitures et des personnes ». Pour lui, il y a des chauffeurs qui sont compréhensifs et qui s’arrêtent lorsqu’ils croisent des piétons qui passent, mais cela n’est pas compris par tous les conducteurs. « Toute cette situation embarrassante est la cause des occupants. La mairie est à blâmer pour cela, car ils ne pensent qu’à l’argent au point de créer l’amalgame au niveau des marchés. La plupart des habitants des HLM ont transformé leur maison en centres commerciaux et avec ces constructions, les gravats ainsi que le sable sont déposés au niveau des trottoirs », se désole-t-il. En ce sens, ce commerçant lutte contre les dépôts d’ordures devant sa cantine. « A chaque fois qu’on dépose des ordures devant ma boutique, j’y fais face », dit-il. Sur les nombreux véhicules garés sur les trottoirs, il souligne que beaucoup ne fonctionnent plus et sont récupérés par les mécaniciens pour augmenter leur parking. Pour lui, la solution est que la mairie leur fait payer des taxes pour faire face à cette situation. « Elle ne les déguerpit pas car elle y gagne avec l’argent qu’elle leur facture, surtout à l’approche des fêtes », tonne Mouhamed Niang. Il déplore le fait que cet argent ne sert pas à réformer les marchés en les modernisant.

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« La faute incombe à nos autorités »

Un gérant de quincaillerie s’est également prononcé sur le sujet. Modou Seck rejette la faute sur nos autorités. « Elles peuvent  refuser l’accès à celui qui veut mettre sa table ou étaler sa marchandise sur les trottoirs, mais les autorités les laissent faire durant des années pour se lever un bon jour pour les faire déguerpir.  Ce n’est pas simplement les vendeurs ambulants qui occupent les trottoirs, il y a aussi les habitants de ces lieux qui occupent l’espace piéton en ouvrant des boutiques chez eux pour exposer leurs marchandises sur le trottoir. Dans certains quartiers, les ménagères jettent les ordures ménagères la nuit sur les trottoirs, ainsi cela peut rester là-bas pendent 2 à3 jours si la voiture de ramassage d’ordures ne vient pas. C’est une cause d’occupation aussi car empêchant le passage normal des personnes », s’insurge-t-il. El Hadj Diop, chauffeur de taxi-clando, donne les raisons de cette occupation anarchique de la voie publique. « Le problème vient du chômage, raison pour laquelle les gens occupent les trottoirs pour vendre afin de subvenir à leurs besoins et de leur famille. Tous ceux qui sont sur les trottoirs ne disposent pas de cantines et  doivent s’acquitter de  la dépense quotidienne. La seule option, pour eux, c’est d’occuper l’espace réservé aux piétons », laisse entendre El Hadj Diop. En ce qui concerne les ordures qui jonchent les trottoirs, il renseigne que la mairie devait mettre en place des poubelles publiques et avoir assez de voiture pour la récupération de ces ordures.

Ngoya Ndiaye avec B.F

 

 

 

 


Source : Rewmi.com

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