Condé et Hollande vont-ils ‘’dompter’’ Wade ?

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Abdoulaye Wade reçu comme un Chef d’Etat à Conakry ce vendredi. Alpha Condé, le Président de la Guinée, connait l’homme. Il lui a déroulé le tapis rouge. Et même Seydou Dalein Diallo a dû se contenter de peu en matière de sécurité, lui qui est arrivé à l’aéroport dans ce contexte.

Le Pape du sopi séjourne présentement à Conakry sur invitation de Condé qui lui a affrété un jet privé. Et quand Wade accepte de s’embarquer, c’est qu’il est dans les prédispositions à dialoguer.

Alors, le président guinéen qui a beaucoup de cordes à son arc, compte aussi sur l’ancien Président François Hollande. Ce dernier, annoncé aussi à Conakry pour faire entendre raison à Wade qui, on le rappelle, a appelé à brûler les bureaux de vote et les cartes d’électeurs.

Condé, selon nos sources, a pris langue avec son homologue sénégalais Macky Sall pour apaiser un processus électoral qui a fini par inquiéter tous les Sénégalais et la communauté internationale.

Bien sûr, Macky devra, aussi, s’inscrire dans la dynamique de la concession.

Nous savions déjà que Wade, en mettant la barre trop haut avec des déclarations subversives graves, faisait tout simplement un appel du pied à de potentiels médiateurs pour sortir la tête haute d’une situation dans laquelle tous ses rêves ont été brisés. Notamment celui de mettre son fils Karim sur orbite politique.

Alors, ce que Condé souhaite avoir, c’est l’abandon de sa démarche consistant à chercher à bloquer le scrutin. Et bien sûr, en échange, il lui donnera la garantie de la réhabilitation de son fils une fois Macky réélu et son retour au bercail.

Mais, ça, on le savait déjà. Macky aurait fait des confidences pour s’inscrire dans cette dynamique d’amnistier Karim Wade et Khalifa Sall une fois réélu.

C’est dire que même si la médiation guinéenne porte ses fruits, il restera l’équation politique fondamentale sur laquelle Wade est attendu : Pour qui va-t-il voter ? Va-t-il donner une consigne de vote ou non ?

La réponse à ces questions est d’autant plus importante que toute attitude soi-disant de ‘’neutralité’’ comme l’ont annoncé Bamba Fall et Aïda Mbodji, n’est qu’une façon de faire le jeu du candidat sortant. Si un opposant ne s’oppose pas, c’est qu’il est devenu un allié.

Qui plus est, ici, peu de gens ont donné du crédit aux dires de Wade de ‘’bloquer’’. Peu de Sénégalais croient vraiment qu’il a les moyens politiques de le faire.

Alors, si Macky était dans les dispositions de libérer Karim et si Wade en réalité n’a pas mes moyens de perturber le processus électoral, on se demande si Alpha Condé et Hollande ne prêchent pas dans le vide.

Nous pensons cependant qu’ils ont adopté une posture salutaire. Car, ils ont offert à Wade le prétexte dont il avait besoin pour entrer d’une manière acceptable dans le jeu électoral.

Certes, Condé et Hollande ne sont pas les premiers car la Société civile sénégalaise avait aussi pris les devants pour négocier avec Wade. Mais le geste fait par le Président guinéen et l’ancien Président français offre quelque chose de plus avec le poids de l’exterritorialité et de la stature des intervenants.

François Hollande est un ami de Wade. Le fait de le mettre à contribution devra également contribuer à décanter la situation.

Du côté du Palais, à Dakar, on rêve toujours de voir Wade soutenir Macky, ne serait-ce qu’indirectement. Car, le calcul qui est fait, c’est que Wade a plus de faciliter à réhabiliter son fils avec le président sortant qu’avec un autre comme Idrissa Seck. Wade va-t-il faire le même raisonnement ? Attendons de voir.

En, tout cas, en évitant de se prononcer jusqu’ici pour tel ou tel candidat, Wade a mis toutes les chances de son côté et s’est érigé en faiseur de roi. Un faiseur de roi qui a été reçu comme un roi en Guinée et qui va poser ses conditions après avoir mis une forte pression sur le pouvoir en place.

C’est peut-être là tout le génie politique du Pape du sopi.

Assane Samb


Source : Rewmi.com

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