Terrorisme: L’étudiant Ousseynou Diop libre

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3 ans de prison ferme, c’est la peine requise par le maître des poursuites contre l’étudiant Ousseynou Diop. Il a comparu, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour les faits d’apologie du terrorisme. Il sera fixé sur son sort le 22 janvier prochain. A la fin de l’audience, ses avocats ont demandé et obtenu sa mise en liberté provisoire.

Initialement poursuivi pour les faits d’actes de terrorisme par menace et intimidation et apologie du terrorisme, l’étudiant Ousseynou Diop a comparu, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour seulement les faits d’apologie du terrorisme. A la fin de l’audience, ses avocats ont formulé une demande de mise en liberté provisoire en attendant la décision qui sera rendue le 22 janvier prochain, jour du délibéré. Le tribunal a accédé donc à ladite demande et l’étudiant peut retrouver les siens après 4 années passées en prison. Auparavant, il a été entendu sur les faits lui sont reprochés. Il ressort des débats d’audience qu’Ousseynou Diop, étudiant en physique et informatique à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt suite à un post sur les réseaux commentant la tuerie au Bataclan, en 2015. S’agissant des faits, c’était au lendemain des attentats de «Charlie Hebdo» que le jeune étudiant avait ainsi commentés sur sa page Facebook (s’adressant notamment à la France) : «Vous ne devez pas oublier ce que vous avez fait avec l’œuvre de Charlie Hebdo, en caricaturant notre cher Prophète (Psl). Vous n’avez encore rien vu. Des attentats, il y en aura d’autres». A la barre hier, il a regretté avoir écrit ces quelques mots qui lui ont valu toute cette peine. « C’était des gamineries, des farces. Je suis resté trois jours en prison sans fermer l’œil. J’ignore même les raisons qui m’ont poussé à commenter cette notification. Je crois que c’est simplement par réflexe que j’ai commenté. Je ne suis pas quelqu’un de violent, donc je ne peux pas accepter le terrorisme », a-t-il dit. Sur une question du juge, à savoir de lui donner la définition du terrorisme, l’étudiant a rétorqué qu’il ne connaît que les chiffres et c’est en prison qu’il a cherché la définition terrorisme parce qu’il ne comprend toujours pas pourquoi il a été arrêté. Le maître des poursuites a pris la parole pour rappeler au mis en cause qu’il avait aussi écrit que l’autre attentat aura lieu le 20 novembre 2015 lors du match Lyon-Nice.

 

Le procureur a requis 3 ans de prison ferme

En réponse au parquetier, l’étudiant a soutenu qu’il blaguait toujours. « Ce sont des propos que je regrette profondément car je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à quiconque. C’est pourquoi j’avais fait amende honorable, par voie épistolaire, en me confondant en plates excuses et en sincères regrets auprès du Chef de l’État et de l’ambassadeur de la France au Sénégal. Je suis étudiant et je veux devenir un jour ingénieur en génie civil pour aider mes parents », a-t-il dit. Invité à faire son réquisitoire, le maître des poursuites a requis 3 ans de prison ferme contre le prévenu. A l’en croire, les faits d’apologie du terrorisme sont constitués car le prévenu a utilisé un support internet pour diffuser son message. A la barre, il a servi d’autres arguments en disant qu’il s’agit de simples commentaires. Malgré cela, le parquetier a demandé au tribunal d’entrer en voie de condamnation. Il faut dire que les avocats de la défense se sont indignés du fait que leur client a passé plus de 3 ans en prison pour des faits qu’il n’a pas commis. « Imam Ndao a été relaxé, pourtant il faisait des prêches à la mosquée et lors des conférences religieuses. Pour mon client, comment il peut faire un discours sans audience ? Il ne s’est pas enorgueilli des attentats et il vous l’a dit », a dit Me Anta. Même son de cloche chez Me Mamadou Seck qui estime que la montagne a accouché d’une souris. « Nous sommes dans un contexte international. La France a peur jusqu’à demander à des pays d’arrêter leurs propres citoyens. Le juge devait aller jusqu’au bout de sa logique en prenant l’ordonnance de non-lieu total », a-t-il dit. Mes Khoureyssi Bâ et Assane Dioma Ndiaye ont plaidé pour la relaxe en se demandant comment, à partir de Thiès, il peut commettre un attentat ?« Je vous demande de ne pas aller dans une sorte de transaction. Même s’il est libre avec les 3 ans, son casier risque d’être chargé », a dit Me Ndiaye. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 22 janvier prochain.

 

Cheikh Moussa SARR


Source : Rewmi.com

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