Rien ne s’oppose plus à la grâce de Khalifa Sall

6

La dernière bouée de sauvetage à laquelle les avocats de Khalifa Sall s’étaient accrochés, vient de s’effondre. Dans la logique des poursuites judiciaires, la condamnation de Khalifa Sall vient de tomber sous l’autorité de la chose jugée.

D’ailleurs pour de nombreux juristes, la décision était déjà définitive depuis belle lurette. Mais comme Macky opposait comme prétexte à sa grâce le rabat d’arrêt introduit, nous sommes obligés d’en tirer toutes les conséquences et de faire observer que la grâce est possible plus aujourd’hui qu’hier.

Dans tous les cas, puisque toutes les conséquences de droit avaient été tirées de sa condamnation, notamment le retrait de ses mandats de député et de Maire, nous ne voyons pas pourquoi attendre le rabat d’arrêt pour la grâce. Qui peut le plus, peut le moins.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, selon la logique du Président, Khalifa peut alors être gracié.

Et nous avons bon espoir que ce sera le cas car le contexte y est très favorable.

Nous n’avons pas besoin de rappeler que la Nation est en deuil et Khalifa Sall lui-même l’est suite à la disparition du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng.

Ce serait tellement souhaitable que Khalifa assiste aux obsèques. Ce serait une façon de répondre à une demande pressante de beaucoup de Sénégalais. Un acte humanitaire de haute portée républicaine.

Car, comme nous l’écrivions hier, ce qui a été confirmé par le témoignage de Bamba Fall, Tanor aurait préféré que la famille socialiste se réunisse, à nouveau. Ce serait son plus grand souhait.

Or, nous savons tous que ce n’est pas possible sans la libération de l’ancien Maire.

Avec la disparition de Tanor, son incarcération va davantage peser sur la conscience collective et sera davantage vécue comme une injustice. Et si elle devrait se prolonger, cela sera politiquement contre-productif. Car, d’autres socialistes qui n’osaient pas défier le défunt Secrétaire général vont alors devoir s’ériger en boucliers. Et le rapport de force entre tanoristes et khalifistes pourrait, malheureusement,se prolonger davantage.

C’est pourquoi, ces deux évènements, la disparition de Tanor et le rejet du rabat d’arrêt, n’ont fait que plaider pour la libération de l’ancien Maire.

En tout état de cause, pour sauver l’héritage de Senghor, il faudra amorcer une introspection profonde dans le parti en conservant les acquis du tanorisme et en se débarrassant des aspects négatifs. Le parti devra aborder cette problématique avec beaucoup de dextérité.

Il lui faudra réussir la bataille de la succession, celle de l’unité et des nouvelles orientations. Aucun de ces combats ne sera facile.

Car, contrairement à Léopold Sédar Senghor et à Abdou Diouf, Tanor n’a pas préparé sa succession.

Aujourd’hui, cette question va être résolue avec beaucoup de difficultés, si tant est que les cadres présents ont un minimum d’ambitions.

La question de l’unité et celle des nouvelles orientations sont connexes. Est-ce que le parti sera toujours de ‘’yobaléma’’ (soutien à…) ou va-t-il amorcer un virage drastique pour une mutation profonde ? Cette question et bien d’autres devront être tranchées avec parcimonie.

Mais, pour le moment, ce qui importe, c’est de prier pour un homme d’Etat qui a voulu toujours être au-dessus des mêlées.

AssaneSamb


Source : Rewmi.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here