PASSAGE D’OUMAR GUEYE A L’ASSEMBLEE : Les accords de pêche cristallisent les débats

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Les accords de pêche, l’avenir de l’activité artisanale, la lutte contre les bateaux-pirates, l’impact de l’exploitation future des hydrocarbures sur la biodiversité? Telles étaient les principales préoccupations des parlementaires auxquelles le ministre de tutelle, Oumar Guèye, a apporté des éclairages, dimanche, lors du vote de son budget.

De pied ferme, l’honorable député Théodore Chérif Monteilattendait le ministre Oumar Guèye sur les accords de pêche. A la veille du passage de ce département à l’hémicycle, le parlementaire dit avoir fouiné partout sur les sites officiels pour en savoir davantage. Mais grande fut sa déception. « Les accords de pêche avec l’Ue ne sont pas disponibles sur les sites du gouvernement, encore moins sur la plateforme de la primature. Le site de votre ministère n’est même pas à jour. C’est sur le site de la Commission de l’Union européenne que j’ai pu voir ces accords mis en ligne. Et si les contrats pétroliers sont très complexes pour les citoyens, les accords de pêche le sont plus », a asséné le député de la coalition Union citoyenne Bunt Bi.

A cette interpellation, le ministre a précisé que l’accord avec l’Union européenne concerne une seule espèce: le thon, pour 14000 tonnes. Pour les autres espèces, elles sont réservées à la pêche artisanale.

Restant toujours sur la question des accords de pêche, mais cette fois-ci avec la Mauritanie, Oumar Guèye et les parlementaires rappellent une constance: la Mauritanie est un pays souverain. « En 2001, la Mauritanie et le Sénégal ont signé des accords de pêche, lesquels ont fonctionné jusqu’en 2016, année à laquelle la Mauritanie a décidé de changer son code de la pêche », a renseigné le ministre. Toutefois, en dépit de ce changement de la donne, reconnait le ministre, « de temps à autre, nos pêcheurs violent le droit mauritanien pour aller pêcher dans leurs eaux ». « C’est une infraction, car il n’y a aucun protocole d’accord entre nos deux pays, en ce moment. C’est une pêche illicite et illégale, au regard de la loi mauritanienne », admet Oumar Guèye. Par contre, le Sénégal a des accords de pêche avec la Gambie (250 licences) et la Guinée-Bissau (300 licences). Et des négociations sont en cours avec d’autres pays comme la Sierra Leone et même la Côte d’Ivoire, pour faire bénéficier des pêcheurs sénégalais d’autres licences.

Traque des bateaux-pirates étrangers et sénégalais

Avec le développement de la technologie, il est possible, par un système de géolocalisation, de traquer les pêcheurs délinquants. Pour lutter contre les actions illicites de ces navires, le gouvernement a fait voter la loi 2015-18 du 13 juillet 2015 portant Code de la pêche maritime, qui a augmenté drastiquement les sanctions relatives à la pêche illégale. « Avant, les bateaux qui étaient arraisonnés pour pêche illégale payaient 250 millions de francs Cfa. Mais le nouveau code porte la sanction minimale à 500 millions et 1 milliard de francs Cfa maximum, pour tout navire coupable d’une telle pratique. En 2015, il y a eu 5 navires arraisonnés qui ont payé 2 milliards 550 millions, contre 3 navires en 2016 (1 milliard 82 millions). En 2017, il y a eu 10 navires qui doivent payer 8 milliards 76 millions de francs Cfa. Soit un total de 18 bateaux arraisonnés pour 11 milliards 700 millions 342 mille à payer », a indiqué le ministre.

Oumar Guèye a tout de même reconnu qu’il n’y a pas que des navires étrangers qui pratiquent la pêche illégale: 7 navires sénégalais ont été arraisonnés en 2015, le même nombre en 2016 et 6 bateaux en 2017.

Abordant la question relative à l’impact de l’exploitation future des hydrocarbures sur la biodiversité, le ministre rassure et rappelle que ce n’est pas pour rien que son département siège au Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-pétrogaz).

La pêche artisanale

Selon le ministre, 85 % des débarquements sont constitués de la pêche artisanale. C’est pourquoi les pêcheurs ont été dotés de moteurs. L’Etat a mis sur la table 20 milliards pour les 20 000 pirogues répertoriées au Sénégal. « A l’heure actuelle, plus de 4000 moteurs ont été remis aux pêcheurs. Pour la sécurité de ces derniers, un programme de 20000 gilets de sauvetage subventionnés à 2500 F Cfa/unité a été mis en oeuvre. De 1960 à nos jours, il n’y a pas eu un appui de cette envergure », a-t-il précisé.

MAMADOU YAYA BALDE

Source : sen360.fr

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