Matar Faye, coordonnateur du cercle des jeunes entrepreneurs du Meds : « Le Sénégal n’est pas encore une startup-nation »

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Les créateurs d’entreprise comme les curieux peuvent cocher la date. Start-up, créateurs, jeunes entrepreneurs se réunissent à Dakar le 5 juin prochain pour le Salon des Startups, organisé par le Cercle des jeunes entrepreneurs du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds). Pour sa première édition, son coordonnateur Matar Faye nous donne, dans cette interview, un avant-goût de ce rendez-vous de la création et de la transmission d’entreprise. Entretien !

 Le Cercle des jeunes entrepreneurs du Meds organise le premier salon des startups le 05 juillet prochain. D’abord, c’est quoi une startup ?

Une startup, je la définis comme étant une entreprise nouvelle avec une touche d’innovation prononcée et généralement à la recherche de fonds, et d’importantes sommes, pour la plupart du temps ayant un potentiel de développement assez grand. D’habitude les startups, du fait de leur caractère novateur et de manque de visibilité, ont un taux d’échec plus important que celui des entreprises classiques.  C’est la raison pour laquelle elles s’établissent pour la plupart dans les pépinières d’entreprises ou dans les  incubateurs.

Le Sénégal est-il une startup-nation ?

Une startup-nation, c’est un pays où tout le monde ou une bonne partie croit à l’entreprenariat. C’est une population capable de voir une toute petite société démarrer et parier qu’elle sera parmi les champions dans quelques années.  C’est un pays où existent des entreprises géantes et stables financièrement, disposées à acheter ou à entrer dans le capital des start-up qui existent. Ce qui est très rare. Cela existe plus dans les  pays anglophones, surtout aux USA. Il y a des statistiques qui montrent que Google achete une startup par semaine. Cette tendance, on ne l’a pas encore vue ou sentie au Sénégal, même en Afrique. Je dirai que le Sénégal n’est pas encore une startup-nation, mais on reste positif.

Pouvez-vous présenter globalement le 1er Salon des Startup du MEDS ? Ses objectifs et ses attentes ?

A travers la définition d’une startup, vous voyez bien qu’il s’agit de PME assez vulnérables, qui peuvent disparaitre du jour au lendemain. Elles n’ont pas de visibilité et de moyens, mais l’idée est là, l’innovation est là. Donc, ils ont un potentiel pour grandir. Etant conscients de ces problèmes que les startup ont au quotidien, nous avons décidé d’organiser ce salon des startup pour apporter des solutions. En quoi faisant ? Le MEDS, à travers le cercle des jeunes entrepreneurs, a décidé de rassembler, le 5 juillet 2018, toutes les parties concernées par l’entreprise. Nous aurons des incubateurs, des investisseurs, les jeunes entrepreneurs qui seront là pour mener des débats, des échanges honnêtes dans le but de trouver des résultats durables qui s’inscrivent dans le temps, c’est-à-dire des partenariats. Les objectifs sont au nombre de quatre. Le premier, c’est d’inciter les jeunes à nouer des partenariats, le deuxième c’est d’inviter les investisseurs à entrer dans le capital des  jeunes entrepreneurs pour les soutenir dans leur développement. Le troisième, c’est d’accompagner les jeunes et les faire coacher par des incubateurs sur un court ou moins terme. Et enfin le dernier c’est, à travers les résultats qu’on aura, de faire des recommandations qui  pourront aider à faciliter le développement des startup au Sénégal.

Quel est le potentiel du Salon pour un entrepreneur ?

C’est un salon qui regroupe les parties concernées par l’entreprenariat et les jeunes. Alors le potentiel est grand. A travers  ces rencontres B to B, les entrepreneurs jeunes qui seront présents  pourront nouer de nouveaux partenariat, trouver des investissements. Il y a même un volet B to B. Ce qui permettra aux entrepreneurs qui sont déjà actifs de trouver des clients et par conséquent élargir le portefeuille clientèle.

Le Sénégal est-il une terre fertile pour les startup ? Comment se porte les start-up au Sénégal ?

Je dirai que beaucoup d’efforts sont en train d’être fournis pour faciliter la création d’entreprises. Des structures d’accompagnants  existent en nombre suffisant, de même que les incubateurs qui sont  très souvent sectoriels, c’est-à-dire qui se concentrent sur un seul secteur, que ça soit le numérique, l’agriculture, l’agrobusiness, etc. Des agences de financement existent pour accompagner  financièrement les porteurs de projets, mais le problème se trouve à mon avis dans la communication. L’information ne passe toujours pas et les jeunes ne sont pas informés sur ces structures qui  peuvent les accompagner. Mais souvent, ces structures disent qu’il y a des milliards dans leurs caisses destinés à financer des projets. C’est bien beau de les entendre, mais il est très difficile d’accéder à ces financements. Pourquoi il est difficile d’accéder à ces fonds ? Les critères sont très difficiles. Un jeune qui demande 10 millions de Francs CFA pour démarrer un projet, on lui demande des garanties comme le titre foncier. S’il avait ce titre foncier, il ne serait pas dans les dispositions d’aller demander un accompagnement pour démarrer son business. Ces structures souvent demandent des business-plan biens ficelés, écrits, rédigés et certifiés par des cabinets reconnus. Ces cabinets monnaient leurs services à des coûts très chers et inaccessibles pour un jeune. Je crois que ce sont ces  problèmes que rencontrent la plupart du temps les start-up  sénégalaises. La conséquence de ces problèmes fait que le développement des start-up qui existent au Sénégal est très lent, contrairement à ce qui existe dans d’autres pays.

A qui est destiné le Salon ? Qui peut y participer ?

Le salon est destiné aux entrepreneurs, aux porteurs d’idées qui peuvent s’inspirer, aux porteurs de projets, aux investisseurs, aux incubateurs et aux mécènes, aux entrepreneurs qui ont inscrit dans leur politique RSE le financement et l’accompagnement des jeunes  entrepreneurs. Pour y participer, il suffit d’appeler au secrétariat du MDES pour être invité après une enquête. Nous ferons une  enquête  pour voir si l’entreprise existe, qu’est-ce qu’elle fait, qui est à la tête. Apres cette démarche, le jeune peut avoir son invitation. Les entreprises qui existent déjà dans nos bases de données, connues et membres du cercle des jeunes entrepreneurs, sont invitées d’office.

Présentez-nous le Cercle jeunes des Entrepreneurs du Meds?

C’est une entité du Mouvement des Entreprise du Sénégal qui a été  créée et lancée en début 2017 et qui regroupe les entrepreneurs du MDES âgé de 35 ans et moins. C’est dans le but de les préparer aux futures responsabilités auxquelles ils feront face dans leur vie de tous les  jours,  et surtout entrepreneuriales.

La Rédaction

 

 


Source : Rewmi.com

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