Mamour Cissé Psd/Jant bi : « On attendait le Président Macky sur… « 

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Ancien ministre d’Etat et leader de Psd Jant Bi, Mamour Cissé a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il est revenu sur plusieurs sujets d’actualité, notamment l’affaire du Prodac, le parrainage, les concertations sur les découvertes pétrolières et gazières, etc. Morceaux choisis.

 Affaire Prodac

Quand j’entends ce ministre bête et méchant, qui avait l’habitude de donner des leçons aux autres, être cité aujourd’hui dans un rapport d’une structure indépendante. L’inspection générale des finances est une structure très crédible, mais il est train de politiser l’affaire. On dit que c’est Amadou Bâ, Ministre de l’Economie et des finances qui est derrière tout ça, mais de qui se moque-t-on ? Je ne comprends pas pourquoi le Président de la République a refusé sa démission. Et pourquoi aujourd’hui il se cache derrière son doigt en nous disant que c’est Amadou Bâ. Le ministre des finances, quel intérêt il a pour le combattre ? Mais ils n’ont pas les mêmes réalités. Pourquoi on doit distraire les Sénégalais en disant que c’est Amadou Bâ qui a commandité cela ? Ce n’est pas vrai, il s’agit d’argent public. Et Amadou Bâ est le Ministre de l’Economie et des Finances. Si les finances du pays sont attaquées aussi sauvagement, moi je ne dis pas que c’est lui. J’aurais souhaité que le Président de la République accepte sa démission et que le procureur de la République s’autosaisisse pour qu’enfin, on ait une bonne justice. Par ailleurs, on a arrêté le maire de Dakar pour un milliard de dollars alors qu’aujourd’hui, il s’agit de 29 milliards qu’on a donnés à une structure en entente directe. C’était le moment pour qu’on sache des choses, mais le Président de la République a refusé sa démission au nom de quoi ? Elle est où cette gouvernance sobre et vertueuse. Les Sénégalais doivent se réveiller pour savoir que ces gens-là ne sont pas là pour les intérêts du Sénégal. C’est plus des problèmes de copinage et c’est inadmissible. Je ne défends pas Amadou Bâ, mais pour une fois, je le défends. Parce que je ne crois pas à une cabale politique.

Ce que l’Assemblée nationale doit faire

L’affaire est purement financière. Il s’agit de prédation et il faut que le procureur s’autosaisisse pour qu’on ait une bonne information sur le problème du Prodac. On ne laissera pas faire et je demande à tous les patriotes de porter plainte pour qu’on sache ce qu’il s’est passé. L’Assemblée nationale peut faire une commission d’enquête. Il y a aujourd’hui un groupe parlementaire de l’opposition. Ce groupe parlementaire doit s’autosaisir avec les indépendants, les non-alignés. Ils ont la possibilité d’éclairer notre lanterne en prenant à bras le corps ce dossier. Le Président de la République devait accepter sa démission car, ce monsieur est un donneur de leçon. Il a tout dit sur Karim Wade. Ce dossier est un scandale et nous devons savoir ceux qui ont été à la base. Mais on a payé à ce gars-là énormément d’argent sans qu’il n’ait terminé. Mais est-ce qu’il n’y a eu que lui qui avait l’expertise et les compétences pour nous faire tout ça ? 29 milliards dans un pays comme le Sénégal où tout est prioritaire, il y’a problème.

L’urgence au Sénégal

On est en train de dépenser des milliards pour réfectionner un building, construire une cité ministérielle à Diamniadio. On gère mal les deniers publics de notre pays. L’urgence au Sénégal est de trouver des logements pour les jeunes, de régler le problème de l’assainissement à Dakar. Regardez ce qu’il s’est passé en Abidjan à cause de mauvais choix stratégiques. Le Président Ouattara est aujourd’hui dépassé et il s’agrippe au pouvoir. Il veut avoir un troisième mandat. Les nègres, qu’est-ce qui se passe pour qu’il y est cette fatalité chez nous ? Vous pensez que la priorité c’est le Train express régional (Ter) ? Ce n’est pas là où on attendait le Président Sall. On l’attendait sur les réformes institutionnelles, l’indépendance de la magistrature, un pays de droit où la patrie passe avant le parti. Un pays où quand on est fonctionnaire, on n’est pas partisan. Ce n’est pas parce que je ne partage pas le même point de vue que Mamour Cissé que s’il a des intérêts, je ne vais pas les lui donner parce que nous ne sommes pas du même bord. Mais c’est ce que nous constatons aujourd’hui. Ils ont amené des responsables nationaux à des niveaux de compétence extraordinaire et ils deviennent des partisans. Et lorsqu’ils deviennent partisans, c’est une dérive. Abdoulaye Wade a construit des infrastructures, Macky Sall devait consolider l’Etat de droit.

Le parrainage

Comment une loi aussi unique peut-elle passer à l’Assemblée nationale ? On est aujourd’hui la risée de tout un continent parce que c’est une régression démocratique qui pose un problème. On fait le parrainage pour limiter le nombre de candidats. Mais, nous risquons d’avoir 125 candidats parce qu’ils n’ont pas vu venir. (…). On n’a jamais eu plus de 14 candidats au Sénégal, mais avec cette loi, on permet de faire monter le nombre de candidat à 125 et personne n’a posé ce problème. Cette loi va permettre au Président de la République de déterminer qui va aller avec lui aux élections. Ce n’était que pour choisir ses adversaires. La preuve, ils ont mis la charrue avant les bœufs. Il a fallu promulguer cette loi pour ensuite envoyer une délégation dirigée par Seydou Nourou pour aller visiter dans le monde les pays où ça se fait et comment ça se fait. C’est-à-dire que c’est pour régler des problèmes personnels que vous dégagez toute la République. Macky Sall a été élu sur un code consensuel qui a permis qu’il y ait alternance en 2000 et en 2012. Ce code, il était là assez fiable parce qu’ayant permis deux alternances. Pourquoi il l’a touché ? De quoi a-t-il peur pour mettre autant de garde-fous ? S’il croit que son Pse est un programme en or, il n’avait pas besoin de tout ça. Il a perdu aussi 3 ans dans une bataille qui n’était pas la sienne. Je veux parler de la traque des biens présumés mal acquis. Il y a également la confiscation des libertés au Sénégal.

Découvertes pétrolières et gazières

Avec la découverte de ces ressources naturelles, je m’attends à un Sénégal comme Singapour. Un Sénégal qui allie l’éthique, la morale, la religion, mais aussi le développement. Nous sommes un pays de croyants et nous devons nous ancrer sur nos valeurs, mettre l’accent sur l’éducation et la santé. Si les Sénégalais me parrainent, je mettrais l’accent sur ces trois points susnommés. Pour relancer l’activité économique, il faut de grands projets. Il faut aussi privilégier les constructions en hauteur. Malheureusement, on a des hommes politiques qui ne pensent qu’aux élections. Les concertations sur le pétrole, c’était une mascarade parce que les contrats ont déjà été signés. Et à chaque fois qu’ils sont dans une dynamique de dialogue, c’est parce qu’ils sont dans une mauvaise posture.

Cheikh Moussa Sarr


Source : Rewmi.com

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