Mamadou Dia-Senghor: El Hadji Mansour Mbaye raconte la crise de 1962

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C’était à la veille de Noël. Un 17 décembre 1962, une crise politique opposa Mamadou Dia et Léopold Sedar Senghor. El Hadji Mansour Mbaye nous replonge dans cette crise qui a mis fin à un duo. Cette étape marque aussi la fin du régime parlementaire bicéphale (de type quatrième République et instauré depuis la création de la fédération du Mali) et le début d’un régime présidentiel dans lequel l’Ups (le parti politique de Léopold Sédar Senghor) deviendra parti unique jusqu’en 1976.

 « Ce fut un jour du vendredi. Mamadou Dia était à Gorée et alité par une maladie, quand les députés décidèrent de voter une motion de censure qui allait le destituer. Informé, Dia s’y opposa catégoriquement et se rendit à Rufisque pour réclamer la primauté du parti. Le lundi 17 décembre 1962, le bureau de l’Assemblée nationale décida de voter la motion. Ibrahima Sarr, qui était à l’époque le représentant du gouverneur à l’Assemblée, informa Mamadou Dia et ce dernier appela Babacar Ba qui fut son Directeur de cabinet pour se rendre au Building, au 9e étage. Senghor était reparti au Palais, Mamadou Dia ordonna au colonel Tafsir d’évacuer les députés de l’Hémicycle et Lamine Guèye, qui en était le président, transforma sa maison sise au Boulevard de la république en Assemblée où il convia les élus du peuple.

La motion de censure fut votée. La loi passe, presqu’à l’unanimité, à 47 voix. Mamadou Dia est arrêté ainsi qu’Ibrahima Sarr, Joseph Mbaye, Alioune Tall. Ils seront transférés à la prison de Kédougou. Les députés qui avaient voté la motion de censure ne pouvaient plus retourner à leurs bases, sachant qu’ils ne seront plus réélus. C’est là qu’on peut dire que Dia a fait un coup de force et non un coup d’Etat en disant que les députés n’allaient pas voter la loi.

 

L’éclatement de la Fédération du Mali

Les dirigeants du Mali qui ne voulaient pas de Senghor comme président, proposèrent Lamine Guèye pour son appartenance religieuse (Islam). Et Dia s’y opposa, soutenant que si Senghor n’était pas président, la fédération allait éclater Le ministre de la France d’Outre-Mer, Jacky, était à Saint-Louis en ce moment. L’Assemblée territoriale avait voté pour le transfert de la capitale vers Dakar. Ce dernier, socialiste comme Lamine Guèye, s’opposa au transfert. Mamadou Dia fit savoir à Jacky puisque la loi a été votée par l’Assemblée territoriale, il n’avait pas à se mêler des affaires internes d’un pays. Mais ce que Senghor a pu faire, c’est Mamadou Dia qui l’a appliqué.

Et Macky répara une erreur

Mais la vérité vient d’être rétablie au grand jour grâce au Président de la République, Gardien de la Constitution, son Excellence Macky Sall, en baptisant le building administratif Mamadou Dia. Ce dernier, qui fut un héros dans l’histoire politique du Sénégal, ne méritait pas la prison avec ses compagnons. Moi, El Hadj Mansour Mbaye, président des Communicateurs traditionnels, sollicite du président Macky Sall de baptiser une gare du Train express régional au nom fr l’ancien cheminot Ibrahima Sarr. »

 

 

 


Source : Rewmi.com

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