LITTERATURE – POESIE : Bacary Goudiaby entre « rythmes et fibres poétiques »

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Etabli en France depuis bientôt 30 ans, le journaliste et écrivain Bacary Goudiaby n’en demeure pas moins lié sa terre natale. Dans un recueil de poèmes publié pour la première fois en 2018 aux Editions Dédicaces, il parle de différents aspects de la culture sénégalaise.

« Poète aux multiples facettes, il passe, avec une facilité déconcertante, tantôt de la poésie lyrique la poésie épique, tantôt de la poésie laudative qui chante Guewël la poésie descriptive qui, elle, peint un monde animal incarnant diverses fonctions dans l’imaginaire socioculturel et cultuel des populations africaines (?) ». Ainsi est décrit l’écrivain et journaliste Bacary Goudiaby, auteur du recueil de poèmes « Rythmes et fibres poétiques » publié aux Editions Dédicaces.

Arrivé en France dans les années 1990, Bacary Goudiaby y vit depuis. Il n’en reste pas moins attaché sa terre, l’Afrique et ses traditions. Il fait ainsi sienne une conception de feu le président poète Léopold Sédar Senghor qui disait que « les jeunes poètes, les jeunes écrivains et les jeunes artistes doivent s’enraciner dans la tradition jusqu’ l’obsession, en même temps, ils doivent se servir des instruments techniques que leur offre la civilisation contemporaine ».

Bacary Goudiaby est de ces jeunes dont parlait Senghor. Cela se ressent nettement dans son ouvrage, travers les thématiques choisies, mais également la langue et le langage. Certains poèmes ont un titre en wolof et en français. C’est le cas de « Kaddu, La parole » qui est proposé en ouverture. « Tam-Tam », « Kora », « Xalam » et « Mbalakhx » sont des odes dédiées de grandes figures de la culture africaine. Le premier cité est en hommage feu Doudou Ndiaye Coumba Rose, le deuxième Soundioulou Cissokho, le troisième Samba Diabaré Samb et le dernier Vieux Sing Faye. Très attaché la musique sénégalaise et ces virtuoses, il replonge dans l’ambiance des « Takhxuran » et « Tann beer ».

Il fait également ressortir la beauté de pans du patrimoine immatériel sénégalais travers « Le kankourang », le « Mbaapat » qui est un hommage Bécaye Mbaye, le « Bakk » ou encore le « Lapatake ». Une balade qui fait dire au poète et préfacier de « Rythmes et fibres poétiques », Tafsir Ndické Dièye, que « le lecteur est invité un banquet de poésie qui revisite l’imaginaire collectif d’un peuple, celui de son pays natal: le Sénégal ». Il ajoute, dans le même sens, que « le texte se déroule comme les vagues de la mer laissant ses flots d’émotions irriguer nos sens tout en parlant notre esprit le langage de la sauvegarde du patrimoine culturel et cultuel, matériel et immatériel des différentes communautés socioculturelles de son terroir ».

Par ailleurs, selon Tafsir Ndické Dièye, les thématiques choisies par Bacary Goudiaby ne sont pas seulement liées l’effet nostalgie. En effet, ils renverraient, l’en croire,  » un besoin impérieux d’une réappropriation, par le biais de la poésie, du respect de la diversité et du dialogue intercommunautaire, deux facteurs essentiels l’instauration de la tolérance, de la paix et du vivre ensemble ». Sa recette contre « la globalisation et l’uniformisation culturelle cannibalisantes ».

Tafsir Ndické Dièye ne s’en tient pas qu’ une appréciation des thématiques. Il décortique la technique d’écriture de l’auteur. Pour lui, Bacary Goudiaby s’affranchit « des notions de versifications classiques, comme s’il cherchait affranchir le poème et certains de ses lecteurs de tout complexe et les pousser dans le grand concert des nations avec ce qu’ils ont de différent, tels qu’ils sont essentiellement ».

BIGUE BOB

Source : sen360.fr

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