Le Sénégal au bord d’une insécurité alimentaire en 2050

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Des académiciens venus des pays d’Afrique de l’Ouest francophone, sont se réunis à Dakar pour discuter sur les bonnes pratiques foncières. Une occasion saisie par le Pr Ibrahima Arona Diallo pour mettre en garde le Sénégal sur les conséquences de l’accaparement des terres.

« Si on ne fait pas attention sur les questions d’accaparement des terres au Sénégal, il y aura une insécurité alimentaire en 2050 », a mis en garde le professeur Ibrahima Arona Diallo, coordonnateur du Réseau d’excellence sur la gouvernance foncière en Afrique (NELGA-Afrique de l’Ouest). Il s’exprimait hier à Dakar à l’occasion du lancement de l’atelier régional d’échanges académiques sur les bonnes pratiques foncières en Afrique de l’Ouest francophone. Selon lui, la population sénégalaise sera à 35 millions d’habitants en 2050, sur un espace plus ou moins réduit, Avec les différentes agressions, notamment la salinisation des sols. Qui dit accaparement parle de spéculations foncières qui, parfois, ne sont pas des activités qui renforcent la sécurité alimentaire. « Raison pour laquelle, le réseau prend en charge effectivement ces questions pour accompagner les Etats à mieux réussir les politiques foncières », a expliqué le Pr Diallo. Quant au professeur Amadou Thierno Gueye, Directeur général de la Recherche et de l’Innovation, le Sénégal, à l’instar de la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest, est confronté à d’importants défis dans le cadre de la gouvernance foncière au cours de ces dernières décennies. « Aujourd’hui, la sécurité alimentaire et la gestion foncière constituent des chalenges importants pour nos Etats. Il est clair que la formation et le développement des capacités en matière de gouvernance foncière constituent un axe déterminant pour l’amélioration des cadres politique, juridique et organisationnel », a-t-il souligné. Venue assister à cette rencontre régionale, la Directrice régionale de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), Mme Friederik Stieglitz, a indiqué que le foncier est un sujet particulièrement complexe sur le continent africain, et notamment en Afrique de l’Ouest. A l’en croire, la superposition des différents systèmes fonciers, la multiplicité des intérêts liés à l’accès aux ressources, les exigences provenant d’une perspective d’investissement sécurisé, les besoins d’accès temporaire et flexible, font du foncier un sujet qui nécessite de trouver les bonnes approches et les contributions des acteurs.

Créer un espace d’échange pour les académiciens sur la question foncière

D’après Mme Friederik, la GIZ soutient le Centre africain sur les politiques foncières dans la mise en œuvre de l’agenda foncier de l’Union africaine à travers le programme de renforcement de capacité pour la gouvernance foncière en Afrique. Sur ce, cette dernière a laissé entendre qu’il est fondamental de créer un espace d’échange pour les académiciens sur les bonnes pratiques afin d’approfondir la réflexion scientifique sur le sujet, mais aussi le positionnement de l’Université en tant qu’acteur de dialogue dans ce processus foncier.
Cette rencontre dont l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) a assuré la coordination et la création de synergies au niveau régional, a regroupé entre autres les points focaux du NELGA, les institutions de recherches, les acteurs clés des organisations de la société civile impliquées dans la gouvernance foncière et des partenaires stratégiques. Cet atelier a permis aux acteurs d’échanger sur les bonnes pratiques foncières en Afrique de l’Ouest en vue d’approfondir la réflexion sur les succès et difficultés de mise en place de politiques foncières en Afrique de l’Ouest francophone.

Zachari BADJI


Source : Rewmi.com

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