Le cas Assane Diouf : l’ouragan enfin arrêté ?

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Après ce deuxième  face à face ce mardi avec le juge  pour «trouble à l’ordre public, injures par le biais d’un système informatique, outrage à un ministre du culte et diffamation» suite aux attaques et injures gratuites proférées contre des chefs religieux, Assane Diouf a  été placé sous mandat de dépôt, en l’absence même de ses avocats, restés injoignables, nous dit-on. Il était grand temps de stopper ce phénomène qui, au début de son avènement depuis les Etas Unis avait gagné  la sympathie de certains compatriotes.


Monsieur Assane Diouf  s’est révélé  depuis quelques mois depuis les Etats-Unis avec des vidéos-live dans lesquelles il s’attaque gratuitement à des personnalités publiques : président de la République,  ministre, députés, artistes et autres paisibles citoyens. Au début, il a  eu, plus ou moins, l’appui de certaine Sénégalais notamment les adversaires politiques du régime ou autres citoyens. Ces toutes premières vidéos mêlaient critiques et injures gratuites, narguant expressément ses cibles.

En situation irrégulière Outre-Atlantique, au lieu de continuer à  mener tranquillement sa cacher, il s’est autorisé ces attaques gratuites parfois diffamatoire. Dans la foulée, les autorités américaines qui connaissent bien les conditions  de séjour de Assane, s’emparent de son dossier. Il sera expulsé du pays de Donald Trump. Pour certaines sources, c’est à la demande des autorités sénégalaises qui ont souhaité l’avoir au Sénégal pour lui régler son cas. Et l’argument qui aurait été servi aux autorités  au FBI et  à la CIA c’est que Assane est un terroriste dangereux pour la sécurité des USA et du monde.

Arrivé à Dakar, l’homme a été brièvement interrogé par la Division des investigations criminelles (DIC) puis relâché quelques heures après. Sauf que Assane n’a rien perdu de son entrain. Il continue ses vidéos incendiaires sans qu’il ne soit inquiété. L’homme semblait faire montre d’une certaine témérité et continue ses attaques et en même temps, se croyait intouchable, défiant même la police dans la rue. Quand bien même il aurait le droit de filmer, pourquoi oser affronter, tancer le policier, le verbe  haut pour se défendre sachant que la violence du policier peut-être légitimée ?

Cerise sur le gâteau, en fin de semaine dernière, l’homme a cogné, cette fois-ci, à un rocher et la réaction  a été immédiate. Dans ses vidéos-live sur Facebook et YouTube,  il s’est attaqué aux imams, chefs religieux et surtout au porte-parole de la confrérie mouride, Serigne Bass Abdou Khadre Mbacké. Après  avoir insulté copieusement tout ce beau monde Assane les as accusés de s’être enrichis  illicitement. «Les imams font des prêches qui sont contraires  à la volonté du  peuple juste parce qu’ils sont payés par l’Etat. Vous êtes des chefs religieux qui  ne vivez que des hadrya ou l’argent que vous donne le président Macky Sall. C’est pourquoi vous êtes tous devenus des milliardaires. Du coup le pays va de mal en pis et vous ne dites rien. Il faut se préoccuper du sort des populations au lieu d’être le bras armé du pouvoir », a dit Assane Diouf sans frémir.

Mais la goute d’eau qui a surtout débordé le vase, c’est cette interrogation explicite adressée au porte-parole de la communauté mouride. «Comment un simple porte-parole peut-il devenir milliardaire ? » Jusqu’à quel niveau toutes ces accusations sont vraies ou fausses nul ne  saurait le dire. Mais elles restent gravissimes.  Ceci étant bien émis par Assane Diouf et bien  reçu par les talibé, ceux-ci ont fait irruption nuitamment chez Assane Diouf pour lui faire la peau. Il se sauve et, ironie du sort, il se retrouve dans les mains de la  même police de Guédiawaye qu’il n’a pas épargnée de ces insultes.

Mais quelques jours auparavant, dans une autre vidéo-live, Assane s’en était déjà pris au khalife général des Tidianes Serigne Mbaye Mansour. Lequel, certainement par amitié au président Sall ou juste une bénédiction, lui a dit qu’il aura un deuxième mandat. Ce qui n’était pas un problème. On peut souhaiter du bien à quelqu’un. Il n’avait même pas de quoi s’attaquer guide religieux de Tivaouane. Parce que, dans tous les cas,  ce sont les Sénégalais majeurs qui vote et élisent le président de la République par le suffrage universel et non pas le khalife général des Tidianes.  Même si ça communauté peut être d’un grand apport. Et quel apport d’ailleurs dans un contexte où le «ndiguël» s’effrite de plus en plus.

Il a fallu en arriver  à courroucer des talibés en furie pour que finalement la justice se saisisse du dossier. D’autres ont fait moins que ça, ils ont été rapidement trainé devant la justice et détenu pendant des semaines voire des mois.

Présenté au procureur ce lundi, Assane Diouf  a bénéficié d’un retour de parquet. Celui que les médias ont surnommé «l’insulteur la toile», de ou «l’insulteur du web», bénéficie d’un retour de parquet. Il devra faire face de nouveau, au procureur cette après-midi.

En fait la question que l’on se pose est celle de savoir pourquoi depuis lors on a laissé Assane faire. Certaines langues pendues disent que le monsieur détiendrait des informations compromettantes contre régime.  Mais Assane tel qu’il est fou, s’il avait quelque chose de vraiment lourd est-ce qu’il n’aurait pas déjà balancé ?

Dans un Etat démocratique tant que ce sont des critiques sensées, sur la gouvernance, les choix politique, cela ne pose aucun problème. Au contraire cela va pousser celui qui à qui les critiques sont destinées à changer de cap, à  changer d’orientation. Mais quand c’est des injures grossières pour faire du buzz cela doit être puni et Assane Diouf devrait le comprendre.

Noël SAMBOU

Source : SeneNews.com

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