L’arrêté Ousmane Ngom : une perte pour la République, selon l’analyste politique Pape Amadou Fall

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Le sit-in tenu par l’opposition, hier, devant le ministère de l’intérieur pour protester contre l’organisation de la présidentielle de 2019 a été interdit par le préfet de Dakar, par le biais de l’arrêté Ousmane Ngom, et sauvagement réprimé par les forces de l’ordre.

Une décision qui peut être qualifiée d’illégale, car « la constitution sénégalaise est claire, les marches sont autorisées. Et ceux qui les font doivent les faire tranquillement et avec sérénité. La brutalité policière ne saurait s’exercer contre ceux qui s’expriment au nom de la démocratie », déclare dans un entretien accordé à Senenews, Pape Amadou Fall, directeur de publication de la Gazette et par ailleurs analyste politique.

« Quand l’arrêté Ousmane Ngom a été brandi, tous les démocrates ont dit que cet arrêté est anti démocratique. Il est tant que les choses se remettent en place. Cet arrêté est anti constitutionnel. On ne peut pas dire aux citoyens que c’est ici que vous vous arrêterez sauf si l’autorité considère qu’il y a un danger pour la République », ajoute-t-il.

De l’avis de Pape A. Fall, « les deux parties, en l’occurrence, l’opposition et le pouvoir, doivent s’entendre sur la question ayant trait à la liberté de manifestation et/ou de marche. Car depuis l’indépendance, les sénégalais se sont battus pour que l’expression puisse se faire de manière démocratique », explique-t-il.

Ainsi les interdictions récurrentes de manifestations en ville, soulèvent la question de l’impertinence de l’arrêté Ousmane Ngom. Cette décision administrative devrait toutefois être remise en question afin d’assurer une expression démocratique des citoyens.

« Quand la citoyenneté est en marche, elle ne doit avoir ni de barrière ni de limite. Il faut donc que l’arrêté Ousmane Ngom soit retiré », affirme Pape Amadou Fall.

Celui-ci ajoute à l’attention du régime en place : « la majorité n’est pas éternelle. Les choses sont appelées à changer. Mettre en place des dispositions qui encadrent la marche, de la manière la plus simple, c’est ce qui est attendu. Les marches doivent être autorisées et encadrées », recommande-t-il.

Face donc à une classe dirigeante qui menace de réprimer si les manifestants franchissent un certain seuil, et une opposition qui revendique le droit de franchir le seuil imposé par l’Etat car jugeant qu’il leur revient de droit de manifester, Pape Amadou Fall pense que l’opposition doit envisager d’autres formes de manifestation.

« Il doit y avoir des formes de combat autre que d’aller à la confrontation, personne n’y gagne, il n’y a que la République qui perd », dit-il.

Source : SeneNews.com

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