La Guinée-Bissau prise en otage par deux hommes

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La situation est loin de se stabiliser en Guinée-Bissau qui, depuis août 2015, vit une crise politique et institutionnelle profonde. A cette date, le Président Mario-José Vaz avait limogé son Premier ministre d’alors, Domingo Simoes Pereira, remplacé par Baciro Dja.
On se rappelle de cet épisode de deux PM dans un même pays, avec la médiation avortée de Dakar.
Le pays a connu ces 24 dernières années cinq élections législatives, une guerre civile, deux coups d’État, et vingt Premiers ministres.
Aujourd’hui que des élections législatives se sont miraculeusement tenues le 10 mars dernier alors que la communauté internationale était sceptique, lesquelles ont été aussi remportées par un PAIGC affaibli, rien ne va dans le pays.
Car, selon Apanews, Le président José Mario Vaz a refusé de nommer au poste de Premier ministre Domingos Simoes Pereira, proposé par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), vainqueur des législatives du 10 mars 2019.
Voici sa déclaration rendue publique : ‘’Je refuse la proposition de votre parti (PAIGC) portant sur la nomination du Premier ministre. Par conséquent, étant donné que votre parti détient la majorité à l’Assemblée nationale populaire, je vous demande de proposer une autre personne pour le poste de Premier ministre’’.
Un niet qui n’a besoin d’être motivé car on connait, depuis 2015, la guerre politique qui oppose les deux hommes (Mario José Vaz et Domingo Simoes Pereira) qui, depuis cette date, prennent en otage ce pays.
Le Président Vaz ne veut pas de Domingo qui, du fait de son influence politique, va encore bloquer toutes les initiatives qui seront prises pour élire un autre à sa place. C’est le statu quo ante.
La réalité est que les efforts de la Cedeao, de l’Union africaine qui sont immenses et ceux des Nations unies, notamment le Pnud, sans doute louables dans un pays où l’Etat est faible face à des lobbies, et d’oublier, souvent, que cette crise est avant tout d’ordre affectif. Il s’agit de surmonter l’égo surdimensionné de deux hommes qui se crêpent le chignon.
En conséquence, quels que soient les efforts fournis, notamment les médiations y compris l’accord de Conakry, si des efforts de rapprochement entre les deux mastodontes du PAIGC ne sont pas faits, la crise ne sera pas résolue.
La Guinée-Bissau est en effet un exemple de crise institutionnelle causée par une animosité entre deux hauts responsables politiques qui profitent des textes en les interprétant en leur faveur.
C’est le parti vainqueur qui propose le PM et c’est le Président de ce parti qui est proposé conformément aux textes. Or, c’est ce que le Président de la République ne veut pas cautionner. Il veut un autre que Domingo, exactement comme avant.
Pis, si la médiation ainsi poursuivie par la communauté internationale aboutissait à l’acceptation de la proposition du PAIGC par le Président Vaz en nommant Pereira Pm, ce serait la dualité au sommet. Et cela pourrait être pire.
Comme quoi, les troupes de la Cedeao devront encore rester dans le pays, malgré le coût financier que cela engendre. Car, n’eut été ces troupes, le pays aurait depuis longtemps basculé dans la violence.
En résumé, le PAIGC domine le pays, même s’il s’est affaibli au profit du PRS et de Madem G-15 et Vaz et Pereira, les plus fortes personnalités de ce parti se livrent un combat politique mortel qui émeut la communauté internationale qui, malgré toutes les initiatives, ne parvient pas à surmonter la crise.
Assane Samb


Source : Rewmi.com

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