Guerre commerciale au Nord: Les BRIC, la nouvelle alternative pour l’ Afrique de l’Ouest

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 Il y a un an, les pays du Bric (Chine, Russie, Brésil, Inde) s’ étaient réunis en Afrique du Sud dans un sommet historique avec la présence d’une dizaine de Chefs d’États.
Le thème : » Les Bric en Afrique, un partenariat pour une croissance inclusive et une prospérité partagée dans la quatrième révolution industrielle ».
Un moment important de réflexion où les Chefs d’État de ces pays ont dit à l’ Afrique l’immense espoir qu’ils portaient sur elle pour un partenariat gagnant-gagnant afin de suppléer la toute puissance de l’Occident qui, pendant les dernières décennies, à dicté sa loi économique.
Jim O’Krill de Goldman Sachs faisant remarquer dans une étude de 2001 que, le produit national brut des pays émergents  (Russie, Chine, Inde, Brésil ) augmentait plus vite que prévu et que la puissance économique grandissante de ce groupe de pays devrait forcément se refléter dans les pouvoirs de décision de ces pays au niveau international.
L’étude affirmait que ces quatre économies combinées éclipseraient les économies combinées des pays riches actuels d’ici 2050.
Et ce dynamisme fait que ces pays du Bric peuvent également, valablement, suppléer le manque que des pays comme les États-Unis, ceux de l’Union européenne vont laisser avec le protectionnisme pour les premiers et les conditionnalités imposées pour les seconds en plus des lourdeurs administratives observées.
Or, comme on le sait, qu’en la matière, les facteurs de croissance qui devront porter le développement de l’economie mondiale ont un potentiel assez prononcé sur le continent.
La démographie, la montée en puissance de la classe moyenne, mais aussi les ressources font que la quatrième révolution industrielle tant chantée se fera avec l’Afrique ou ne se fera pas.
Et, à ce niveau, l’Afrique de l’Ouest a un rôle capitale à jouer.
Néanmoins, tous les pays du Bric n’ont pas un même niveau d’d’investissement dans nos pays.
La Chine avec ses 100 milliards de dollars par an est loin devant suivie de l’Inde et, dans une moindre mesure, par le Brésil  et la Russie.
 Ces deux derniers pays travaillent à rattraper le retard.
Le Président Denis Sassou Nguesso en visite à Moscou il y a quelques semaines, a résumé cette ambition en ses termes:  » La Russie a contribué à libérer l’ Afrique, il est temps qu’elle contribue à sa construction « .
Et ce que les dirigeants russes comptent faire, car, au mois d’octobre prochain, se tiendra le premier sommet Russie/Afrique, au moment où la Chine en est à son quatrième sommet.
Dans le même ordre d’idées, les entreprises brésiliennes sont présentes dans de nombreux pays africains notamment en Guinée, au Nigéria et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest.
Certaines entreprises brésiliennes sont aussi présentes comme par exemple Vale notamment dans le cuivre, l’entreprise de travaux publics Odebrecht et le géant pétrolier Petrobras sont des acteurs de premier plan en Angola, en Guinée et au Mozambique.
En matière agricole, le Brésil fournit, par le biais de son institut de recherche agricole public, Embrapa, une assistance technique dans le secteur du coton au Bénin, au Burkina Faso, au Tchad et au Mali.
Quant à l’Inde, elle s’ intéresse au pétrole africaine et à d’autres matières premières.
Elle a un intérêt tout particulier à renforcer ses liens comme l’a révélé une conférence organisée en 2008 par le Premier Ministre indien Singh, en présence de 14 dirigeants africains.
Bien que l’Inde ait des ambitions sur l’ensemble du continent africain, ses efforts se sont concentrés jusqu’à présent sur l’Entropie, le Nigéria, l’Afrique du Sud, Maurice,  le Kényan, la Tanzanie et le Ghana qui représentent près 69% du total de ses échanges commerciaux bilatéraux avec l’Afrique Subsaharienne. Ses investissements sont visibles dans des pays comme le Sénégal.
C’est dire que la Chine avec sa « nouvelle route de la soie », et l’Inde avec son « alliance solaire internationale » sont des alternatives réelles face à une coopération occidentale qui a montré ses limites au fil des décennies car n’ayant pas surtout permis l’émergence du continent.
En attendant que le Brésil et la Chine rattrapent leurs retards en matière d’investisseurs en Afrique, le continent pourra, manifestement, dans un futur proche, bénéficier davantage d’un souffle nouveau dans la diversification de ses relations économiques avec les pays émergents que sont les Bric.
Georges E. Ndiaye


Source : Rewmi.com

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