Fall Mboup assène plusieurs coups de ciseaux mortels à Tony

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Si en rendant sa décision, le 5 juin prochain, la chambre criminelle suit le parquetier dans son réquisitoire, l’accusé Alioune Fall Mboup risque la réclusion à perpétuité. Il a comparu à la barre de la chambre criminelle pour assassinat.

 La chambre criminelle de Dakar a jugé, hier, une affaire d’assassinat. Au banc des accusés, il y avait le sieur Alioune Fall Mboup. Il ressort des débats d’audience et de la lecture du procès verbal d’enquête que dans la journée du 11 avril 2014, alors que le mécanicien Alioune Fall Mboup se rendait à son lieu travail, il a croisé sur son chemin Eric Mankalou, Demba Niangane, Dominique Diédhiou et Tony Sylva. Constatant que l’un d’entre eux, en l’occurrence Eric Mankalou, avait un piercing au niveau du sourcil,  le sieur Mboup en aurait profité pour les traiter d’homosexuels. Fâchés, le groupe a fait demi-tour pour demander au mécanicien de revenir sur ses propos. Au lieu de demander pardon, il a tout simplement réitéré ses propos. Pis, il a proféré des insultes à leur égard. C’est ainsi qu’Eric lui a donné un coup de poing et une bagarre s’en est suivie. Ils ont été séparés par les riverains. Alors que la bagarre semble être terminée, le mécanicien a rebroussé chemin pour aller se procurer d’une arme. Il a encore intercepté la bande à Eric et s’est dirigé droit vers Dominique. Tony Sylva qui avait en possession un bâton, s’est interposé. Il a pris plusieurs coups de ciseaux et est décédé avant son évacuation à l’hôpital. Après son forfait, le mécanicien a été maîtrisé par la foule avant d’être acheminé au commissariat des Parcelles assainies. Soumis au feu roulant des questions, Alioune Fall Mboup indique n’avoir jamais eu l’intention de donner la mort à Tony qu’il dit ne pas connaître.

Sur une question de savoir est-ce qu’il avait traité le groupe d’homosexuels, il a rétorqué qu’il ne les connaît même pas. Donc, il ne pouvait pas leur adresser la parole, à fortiori de les traiter de quoi que ce soit. « A cause de son piercing, Eric que je n’ai jamais vu avait le visage enflé. Pour bien faire, je lui ai demandé de l’enlever car ce n’est pas bon pour sa santé. Ayant mal pris ma remarque, il m’a insulté à plusieurs reprises sans que je ne lui réponde. Mais, face à son insistance, j’ai répliqué et, sans tarder, il m’a donné un coup de poing. Et là, on en est venu aux mains. Quand on nous a séparés, j’ai continué mon chemin car je me rendais au travail et eux sont partis de leur côté », a-t-il dit. Avant de poursuivre : « quand on s’est encore croisé, certains détenaient des barres de fer tandis que les autres s’étaient munis de gourdin et de pierre. Quand ils ont voulu m’attaquer, j’ai ramassé la paire de ciseaux que l’un d’eux avait. C’est avec cette arme que j’ai poignardé la victime car il m’avait donné plusieurs coups de bâton ».

Sur une autre question de savoir où est-ce qu’il a porté le coup mortel,  l’accusé précise ne pas connaître l’endroit exact où il a poignardé le défunt. Ces déclarations ont été battues en brèche par les témoins Demba Niangane et Dominique Diédhiou.

Selon le premier cité, dans la matinée des faits, il y a eu deux bagarres avec l’accusé. « Il s’est d’abord bagarré avec Dominique Diédhiou et Eric Mankalou, alors que Tony et moi étions à l’école de l’unité 16 pour une autre affaire. Quand on nous a informés de la bagarre, nous avons rebroussé chemin pour en savoir plus. A notre arrivée, ils étaient déjà séparés et Alioune a pris la direction de l’unité 18 des Parcelles assainies. En partant, une dame qui  le connait nous a dit qu’Alioune « tait belliqueux et qu’il fallait qu’on l’évite. C’est sur ces entrefaites que Tony a ramassé un bâton », a dit le témoin qui ajoute : « d’ailleurs, je lui avais même conseillé de le jeter et d’oublier la bagarre. Quelques temps après, Alioune nous a rattrapés. Quand je me suis retourné, j’ai vu que mon ami saignait abondamment et il était sur le point de s’écrouler. C’est ainsi que je suis parti à sa rescousse ». Pour sa part, Dominique Diédhiou a soutenu qu’Alioune Fall Mboup voulait en réalité l’attaquer. N’eut été l’intervention de son ami Tony Sylva, c’est lui qui allait y rester. Invité à faire son réquisitoire, le maître des poursuites a demandé les travaux forcés à perpétuité. Pour le maitre des poursuites, le chef d’assassinat ne souffre d’aucun doute. « Il sait pertinemment où il a administré le coup mortel à Tony. Il lui a non seulement administré plusieurs coups, mais il lui a porté un coup au niveau du cœur. C’est ce coup qui a été fatal à Tony. Il cherche à se dédouaner quand il dit qu’il a donné le coup mais qu’il n’avait pas l’intention de le tuer. Après la première bagarre, il  s’est rendu chez lui pour se procurer une arme. L’élément intentionnel est là. Il ne peut pas bénéficier de circonstances atténuantes car c’est lui qui a provoqué et c’est lui qui, après avoir été séparé d’euxn les a à nouveau attaqués. Il est atteint des chefs d’assassinat qui lui sont reprochés », a relevé le parquetier. Pour terminer, l’avocat de la défense, Me Ibrahima Mbengue, a sollicité la requalification des faits en coups mortels avant de demander une application bienveillante de la loi à l’endroit de son client. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 5 juin prochain.

Cheikh Moussa Sarr


Source : Rewmi.com

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