Entretien : Me Ousmane Seye clôt le débat sur les cas Khalifa-Karim et soutient que l’opposition veut saboter la présidentielle

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« Au Sénégal quand il y’a un événement, chacun se prend pour un spécialiste et en parle ». Me Ousmane Seye avocat à la cour et membre de la mouvance présidentielle a ainsi démarré sa réponse à la question de savoir ce qu’il pensait en tant que juriste et homme politique, de la révocation du maire de Dakar, Khalifa Sall. Au micro de SeneNews, la robe noire est revenue en bloc sur les points marquants de l’actualité avec notamment le cas, Karim Wade et son inscription sur les listes électorales, la posture de l’opposition sur le parrainage. Il soutient que le PDS et Cie sont dans des discours inutiles au quotidien. Me Seye n’a pas aussi manqué de faire le point de son compagnonnage avec le président de la coalition « Benno bokk yakaar ».

En tant que juriste que pouvez-vous nous dire par rapport à la révocation du maire de Dakar ?

Dans l’affaire Khalifa Sall, j’ai écouté beaucoup de commentaires fondés sur l’émotion. On sentait nettement qu’il n’y avait pas le recul nécessaire pour annuler froidement la situation. Dans le cadre de la révocation, il faut préciser que nous sommes dans un domaine purement administratif et non dans le droit pénal et de la procédure pénale. La révocation d’’un maire est régie par les articles 135 et 140 du Code général des Collectivités territoriales. Et, l’article 140 énumère clairement, de manière exhaustive, les fautes pour lesquelles Khalifa Sall est sanctionné. Et parmi ces fautes, il y’a le faux, l’usage de faux, l’escroquerie portant sur les deniers publics etc.

L’article précise bien aussi que quand cette faute est reprochée par l’exécutif à un maire. Elle doit faire l’objet de demande d’explications du maire. Si sa réponse ne convainc pas le président de la République, celui-ci peut demander des sanctions. L’article précise aussi que la révocation peut intervenir nonobstant des poursuites. Cela veut dire que le président de la République pouvait procéder à sa révocation sur la base du rapport de l’Inspection générale d’Etat. Car les réponses que le maire a fournies lorsqu’il a été entendu par l’IGE n’étaient pas satisfaisantes. Et la loi ne dit pas que cette révocation devait attendre la fin de la procédure en justice. Tous ceux qui ont fait des commentaires sont passés à côté car, la loi est claire. Il n’y a rien de politique dans la révocation du maire de Dakar, Khalifa Sall.

Le candidat du parti démocratique sénégalais fait lui aussi face à la justice en ce qui concerne son inscription sur les listes électorales. Comment expliquez-vous cette situation ?

Je crois que dans ce pays, l’autorité n’ose pas prendre des décisions qui ne sont pas fondées sur des textes clairs et précis. Monsieur Karim Wade a été condamné définitivement par la cour de répression de l’enrichissement illicite à une peine de six (6) ans ferme. Dans le code électoral actuel, quelqu’un qui n’est pas inscrit sur les listes électorales ne peut être éligible. Je crois que l’article 57, du code électoral le dit clairement. Monsieur Karim Wade est à l’étranger, précisément à Qatar. Et il a demandé son inscription au consulat et la loi dit que sa demande doit être transmise à l’autorité, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur, chargé des élections. Et l’autorité s’est opposée à son inscription, sur la base de l’article L131 du code électoral qui dispose que quelqu’un condamné à une peine de plus de cinq (5) ne peut pas être inscrit sur les listes électorales. C’est clair ! Et Monsieur Karim Wade au lieu de saisir le consulat où il avait fait sa demande, a saisi le tribunal de grande instance de Dakar. Le tribunal s’est déclaré incompétent. Je ne remets pas en cause mes confrères mais il a été mal saisi. Il n’est pas électeur, donc il ne peut aussi être éligible.

Le parrainage source de polémique entre opposition et pouvoir : en tant qu’acteur politique du côté du régime qu’en dites-vous ?

J’étais membre de la commission de concertation sur le processus électoral. Le parrainage figurait comme point de discussion au niveau de nos travaux. Quand ça a été évoqué l’opposition a refusé le principe même d’en discuter. Quand on dit qu’on a pris la décision d’instaurer le parrainage sans concertation, je m’inscris en faux. La constitution permet au président de la République d’avoir l’initiative des lois. On a organisé des législatives avec certains couacs sur le plan administratif. Avant ça, le peuple s’est prononcé par voie référendaire en souhaitant la rationalisation des candidatures. Le chef de l’Etat a voulu tirer les conséquences des nombreuses listes sans fondements. Il a appelé à des discussions et l’opposition a refusé. Alors ce n’est parce que l’opposition a refusé qu’on devait mettre le parrainage dans les tiroirs. Nous sommes dans quel pays. A chaque fois que le président initie un projet l’opposition dit non. Ils veulent que le pays ne soit pas gouvernable. L’absence de dialogue, Macky Sall n’en est pas le responsable. Le contre-pouvoir boycotte tout, je me demande s’ils ne veulent pas saboter la présidentielle.

Quelle appréciation avez-vous de la situation du Sénégal en tant que citoyen ?

Si je devais voter pour Macky… je vais même voter pour lui (rire) ce serait pour la sécurité du Sénégal. Nous sommes entourés de pays qui font face à d’énormes problèmes et Dieu merci notre pays est épargné. Je voterai aussi pour Macky Sall pour l’énergie. Aujourd’hui, il y’a moins de coupure de courant et ne serait-ce que pour ces deux aspects, il est utile de laisser le président continuer à diriger ce pays.

Votre coalition « Benno bokk yakaar » a récemment enregistré beaucoup d’entrées venant de l’opposition. Est-ce que ça ne va pas provoquer des frustrations avec certaines nominations aussi ?

Vous savez, je crois que le mot transhumant est un mot impropre en politique. Aujourd’hui l’opposition se bat sur le principe de la liberté. Il faut laisser aux individus la liberté de choisir. Opter pour un candidat ne signifie pas être prisonnier. Il faut mettre fin à ce terrorisme intellectuel consistant à s’attaquer à la dignité des individus par ce qu’ils ont choisi d’accompagner le président Macky Sall. La politique elle est complexe. Il y’a dans le gouvernement des personnes qui émettaient des mots durs contre Macky mais qui travaillent actuellement avec lui. Il faut mettre de côté le complexe de l’opposition. Même dans la presse c’est visible.

Que projetez-vous sur le plan politique ?

Je suis le coordonnateur national de la Coalition pour l’émergence « taxawu Sénégal ». La première coalition à rejoindre Macky Sall. Mon avenir, est avec l’avenir du Sénégal. Nous sommes avec « Benno bokk yakaar » aujourd’hui et demain aussi. Et nous avons espoir que cette coalition continuera à diriger la politique du Sénégal.

Source : SeneNews.com

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