Emmanuel Macron Au Burkina Faso : Une Visite Inédite Et Symbolique Sur Fond De Polémique

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La capitale burkinabè retient son souffle à quelques heures de l’arrivée du président français, prévue à 22h GMT, ce lundi soir. Appels à manifester contre appel au calme du gouvernement, fermeture des écoles, principales artères parées du drapeau des deux pays’ Jamais une visite d’un chef d’État n’a suscité autant de débats. «Le gouvernement veut la continuité avec la France alors que certains acteurs de la société civile burkinabè prône un changement radical dans les relations franco-africaines»,résume le politologue et enseignant à l’université de Ouagadougou, Abdoul Karim Saidou.

Le CFA en débat

Au coeur de cette politique de rupture prônée par la société civile, il y a la question du franc Cfa. La monnaie commune à quatorze ex-colonies françaises d’Afrique de l’ouest et du centre fait l’objet de vifs débats en raison de la fixité de la parité entre le FCFA et l’euro. Ses détracteurs dénoncent également la convertibilité libre et illimitée entre les deux monnaies. Des caractéristiques qui donnent droit, en cas d’épuisement de réserves de change, à un découvert «illimité» autorisé sur le compte du pays concerné auprès du Trésor public français.

Pour sa part, le porte-parole du Balai citoyen, l’artiste Serge Bambara ? alias Smockey ? dénonce une «polémique inutile» autour de la visite de Macron au Burkina. «Certaines visites, comme celle du président ivoirien Alassane Ouattara, auraient dû susciter plus de tollé parce qu’il [Ouattara, NDLR] est de plus en plus suspecté d’avoir soutenu le putsch raté de mi septembre 2015» , fustige-t-il.

«Nous aimerions que la France cesse son soutien aux dictateurs africains. Pour le reste, il appartient au président du Faso de jouer sa partition», observe cependant Smockey.

Autre sujet qui fâche : l’assassinat de Sankara

L’arrivée du président français fait couler beaucoup d’encre, et les sujets sur lesquels il est interpellé avant même sa descente d’avion sont nombreux. Plusieurs organisations de la société civiles burkinabè ont appelé à manifester «contre le pillage des ressources naturelles par les multinationales impérialistes», notamment françaises. Autre critique qui revient dans les tracts et appels de la société civile : la présence militaire française dans le pays, qui accueille une force spéciale d’environ 150 hommes.

Ces organisations réclament également des actes forts de Paris en vue d’élucider le rôle présumé de l’ex-puissance coloniale dans l’assassinat du Président Thomas Sankara en octobre 1987.

La justice militaire burkinabè, qui a enquête sur les circonstances de la mort du père de la révolution d’août 1983, demande la levée du secret défense pour accéder à certaines archives françaises. L’objectif est d’étayer les liens supposés de certaines personnes ? résidentes en France ? avec les auteurs du coup d’Etat du 15 octobre 1987. «Je pense qu’il y a un conflit d’intérêt entre la France et le Burkina sur cette question»,estimeAbdoul Karim Saidou.

«Beaucoup de jeunes africains aspirent à une rupture dans la politique étrangère de leur pays. Ils réclament un vrai débat sur la question du franc Cfa, et sur la présence militaire française en Afrique», explique l’universitaire, Abdoul Karim Saidou, qui estime que les Burkinabè attendent un «acte fort» concernant le cas François Compaoré. Le frère cadet de l’ancien président Blaise Compaoré en exil depuis sa chute en octobre 2014 est poursuivi par la justice burkinabè pour son rôle supposé dans l’assassinat du célèbre journaliste d’investigation, Norbert Zongo en décembre 1998.

Sources: JeuneAfrique

Source : sen360.fr

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