Election des maires: La proposition d’Assane Diop

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Ancien ministre de la Santé et du travail, actuel ministre conseiller auprès du Président de la République Macky Sall, Assane Diop a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, le président du conseil départemental de Koungheul est longuement revenu sur le nouveau mode d’élection des maires et des présidents de conseil départemental. Morceaux choisis.

 

La caution pour les prochaines élections locales a été fixée à 20 millions de nos francs (10 pour les municipales et 10 pour les départementales). Trouvez-vous cette caution raisonnable ?

J’espère que c’est un consensus et que tout ce qui est consensuel devient raisonnable. Donc, pour moi, c’est normal qu’on en arrive là. Même si, il faut le reconnaître, c’est élevé selon certains. Mais il faut qu’on arrive à un consensus et si la décision elle est consensuelle, il faut la prendre comme telle. Certainement il y aura des frustrés. Il se peut bien qu’on voit un bon nombre de candidats qui n’auront pas leur caution. Mais comme toutes les candidatures, les locales c’est aussi des gens qui se retrouvent autour d’une liste. J’ose espérer que ceux qui sont sur une liste vont contribuer ensemble pour pouvoir faire face aux dépenses y afférentes.

Quand on parle des locales, beaucoup agitent l’idée de revoir le mode d’élection du maire. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles on voulait repousser ces élections locales. Alors quelle est votre position concernant ce mode d’élection ?

Moi je trouve qu’avoir des élections avec cette approche d’universalité franchement c’est une bonne chose. Je dis que c’est une bonne chose parce que ça renforce la légitimité des élus. Etre élu par une approche de cette nature évite en plus qu’après une liste soit constituée des différents élus, qu’on se retrouve par des petits jeux à avoir à la tête d’une commune et ou département celui qui n’est pas forcément majoritaire. Mais si on a une approche d’élection de cette nature, celui qui est à la tête d’une liste, on sait que c’est lui qui est le maire potentiel et le président du conseil départemental et les gens vont l’élire sur cette base. Je crois que tirer une aussi forte légitimité de son élection permet bien sûr normalement un appui populaire plus fort. On a assisté à des élections parmi lesquelles par de petits regroupements internes entre élus, on se retrouve avec un maire ou un président de conseil départemental qui n’est pas forcément le plus populaire. Donc, des élections de cette nature régleraient cette question.

Donc vous êtes pour le changement du mode d’élection ?

Oui tout à fait. Moi je suis pour qu’on puisse dire que celui-là qui dirige une liste est celui-là qui sera le maire ou le président du conseil départemental et qu’il soit élu au suffrage universel direct. Les avantages de ce mode d’élection pour moi c’est que ça renforce la légitimité du maire ou du président de conseil départemental. Je crois que cela peut aussi limiter les protestations. Car, celui qui est élu au suffrage universel direct prend des engagements auprès des populations avant d’être élu, fait une campagne, etc. Et, les conseillers qui l’accompagnent, habitent des villages, des quartiers,… Donc, il y a un support populaire qui lui permet d’agir beaucoup plus légitimement. Tout cela fait que c’est bien pour moi d’avoir ce système d’élection. En plus ça permettra d’éviter, par des jeux de chaises, que l’on puisse se retrouver avec un maire ou un président de conseil départemental qui n’est pas forcément le plus populaire.

Avec ce mode d’élection, pensez-vous que les populations vont avoir un droit de regard sur ce que font les maires ou les présidents de conseil départemental ?  

Mais oui, les populations continueront à avoir un droit de regard. D’ailleurs, à chaque vote de budget, il y a ce qu’on appelle le débat d’orientation budgétaire. Ces débats doivent inclure la présence des populations, que ce soit des chefs de village, des jeunes, ou des femmes de groupement économique, etc. Tout ce monde doit être consulté avant le vote d’un budget. Ça se fait mais pas totalement comme il faut. Ce qu’il y a, c’est que pour bien sanctionner le pour et le contre d’une action d’un élu, même à l’état, il faut que des voix s’élèvent. Et, nous avons aussi les sous-préfets qui sont là pour le contrôle de légalité pour les maires et le préfet pour les présidents de conseil départemental. Normalement, il y a des possibilités pour les populations de se faire entendre si un maire ou un président de conseil départemental outrepasse ses devoirs.

Est-ce que les populations usent de cette possibilité là qu’elles ont ?

Moi je vois de temps en temps des brassards rouges et des chemises rouges pour protester contre des décisions d’élus. S’il y a une manifestation sérieuse comme ça, l’autorité devrait s’autosaisir pour voir ce que c’est. Ce sont les préfets et les sous-préfets qui sont les garants de l’action du maire ou du président de conseil départemental. Donc, c’est bien possible que des gens puissent réclamer des droits, saisir le préfet, saisir le sous-préfet. Aussi, ce mode d’élection permettra de faire une campagne à la demande des priorités des populations. C’est là le premier côté inclusif. En plus de cela, il y aura les débats d’orientation budgétaire pour aller vers les priorités des populations selon les possibilités budgétaires de la commune ou du département. Aussi, ce mode d’élection permet un regard plus direct des populations. Je pense que l’un dans l’autre, aller dans cette direction pour moi est la meilleure approche possible. Et, le côté inclusif sera beaucoup plus vécu parce que c’est un dialogue direct de campagne et un dialogue direct des résultats.

Cheikh Moussa SARR


Source : Rewmi.com

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