Attractivité économique, stabilité politique, islam et le défi des sociétés islamiques : le décryptage de S. Bachir Diagne (Vidéo)

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Il n’est ni politique, ni homme d’affaires encore moins un acteur  du digital. Toutefois, en tant que penseur, le Professeur Souleymane Bachir Diagne faisait partie des intervenants à la 3è conférence de Africa Convergence, tenue à Dakar les 21 et 22 juin.  Le philosophe de renom est notamment intervenu sur les indices qui font qu’un pays peut être considéré comme attractif pour les investisseurs. D’après lui, l’hospitalité du Sénégal est un bel atout, mais ce n’est pas suffisant pour être attractif. Le respect de règles démocratiques  est capital.

Interpellé par les journalistes, en marge de la conférence, Souleymane Bachir Diagne a estimé que la téranga, l’hospitalité légendaire du Sénégal, est un indice  d’attractivité. S’y ajoute la note à B+ avec une perspective positive. Mais l’universitaire précise que cela n’est pas suffisant. Un pays pour être attractif, ne doit pas surtout s’amuser à changer des règles du jeu  démocratique au fil des alternances politiques. La démocratie est importante pour rendre un pays attractif pour des investisseurs.

Le penseur admet qu’il y a une incertitude inhérente au secteur des affaires et dont les investisseurs sont conscients. En revanche, les incertitudes qui découleraient de changement de régimes politiques peuvent faire peur. «Les incertitudes qui seraient liées à des changements politiques, cela effraie l’investissement. C’est la raison pour laquelle la stabilité  est quelque chose d’extrêmement importante pour être un espace attractif pour les investisseurs », a soutenu Souleymane Bachir Diagne face aux journalistes.  Même parlant de stabilité, toutes les stabilités ne s’équivalent pas parce qu’une stabilité pour être organisée par un Etat autocratique. «Mais la meilleure forme de stabilité c’est la stabilité  qu’apporte la démocratie. Parce que la démocratie, c’est d’abord l’idée qu’il y a des règles et ces règles valent que la parole que l’on donne vaut. Par conséquent les investisseurs  trouveront attractif  un espace où  ils ont le sensément que les règles du jeu sont clair et que le temps ne changera rien à l’affaire ».

A la question de savoir comment l’exécution  stratégique peut s’exercer dans les sociétés islamiques, le philosophe souligne la nécessité pour les musulmans de continuer leur pratique religieuse en l’adaptant aux défis du monde actuel. «Il est important pour les musulmans aujourd’hui se mettent à l’heure des exigences de notre monde dans  la manière dont ils vivent leur propre religion. L’islam  a toujours été une religion en prise  sur  monde parce que précisément, c’est une religion qui est née comme la volonté d’inscrire la justice sociale  dans le monde », conseille l’universitaire de Columbia University (USA).

Pour étoffer son argumentaire, Bachir Diagne  évoque  le contexte dans lequel est né l’islam. «L’islam est né dans  une société tribale où régnait la loi tribale, qui était, en gros, la loi du plus fort. (…) Cette exigence, elle est la nôtre. Nous devons trouver à chaque génération et dans toutes les circonstances historiques cette exigence de justice sociale. C’est la raison pour laquelle l’alternative d’islamiser l’économie ou de faire l’économie islamique, ne jouera pas», a-t-il relevé. Pour relever les défis qui se pose au monde,  « il suffit que l’islam  garde sa propre orientation, sa propre boussole, instaure la justice sociale et sachent s’inscrire dans les temps qui changent et non seulement changent, mais de plus en plus vite. Et ça c’est le défi auquel les sociétés musulmanes sont confrontées et elles ont dans leur religion, me semble-t-il toutes les ressources pour y faire face».

S’agissant de la question de l’exploitation pétro gazière,  Souleymane Bachir Diagne conseille d’ores et déjà les gouvernants à penser à diversifier l’économie plutôt que de tout miser sur ces ressources tarissables. Ce faisant, le Sénégal peut s’épargner les expériences malheureuses de certains pays du continent. C’est le cas du Tchad et le Nigéria qui ont été secoué par la baisse des cours du pétrole.

Source : SeneNews.com

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