Assane Diouf libre, envoyé à l’asile

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2 ans dont 9 mois de probation et 3 mois de durée d’épreuve, c’est la sentence rendue, hier, par le tribunal correctionnel contre Assane Diouf. Ayant fait plus d’une année derrière les barreaux, le mis en cause va donc recouvrir la liberté. Cependant, il lui a été interdit de se prononcer à travers les médias ou lors des rassemblements. Le juge lui a aussi ordonné d’aller faire des examens psychiatriques. Ses avocats dénoncent une décision politique.

 Alors qu’il risquait 5 ans de prison ferme pour les délits de diffusion de fausses nouvelles, outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions, injures à un ministre de culte, Assane Diouf a été finalement libéré, hier, par le tribunal correctionnel de Dakar. Mais Assane Diouf reste en prison. Il a été condamné à une peine de 2 ans dont 9 mois de probation et 3 mois de durée d’épreuve. En clair, on extrait les 9 mois de la peine de 2 ans qui lui a été infligée. Ce qui veut dire qu’Assane Diouf a été condamné à une peine de 15 mois ferme. Ainsi, pour avoir déjà fait 14 mois en prison, il ne lui reste qu’un mois à purger avant d’humer l’air de la liberté.

Expliquant ladite sentence, Me Ciré Clédor Ly, un de ses défenseurs, a indiqué : « Il faut bien comprendre la décision. Si on met ça de côté, on dit que le juge est loin. Il a infligé des peines de nature politique : la privation des droits civils et la privation des droits politiques. Il est muselé, c’est-à-dire qu’il n’a plus le droit de s’exprimer dans des rassemblements. Il n’a plus le droit de s’exprimer à travers des ondes d’une radio. Il n’a plus le droit aussi de s’exprimer ou d’avoir des opinions qu’il diffuse à travers la télévision. Bref, il n’a plus le droit d’être un citoyen normal ». Selon la robe noire, le mis en cause a été dépouillé de l’ensemble de ses droits. Toutefois, Me Ciré Clédor Ly a renseigné que ce qu’il faut retenir, c’est qu’Assane Diouf est libre. Mais, le juge est allé trop loin et sa décision s’analyse en une décision politique. « Parce qu’Assane Diouf a été ramené au Sénégal à la suite de mensonges d’Etat parce qu’il fallait qu’on puisse en fait le saisir, le corriger et le faire taire. Il a été saisi et il a été corrigé arbitrairement puisqu’on lui a fracassé la jambe en prison. A ce jour, on n’a aucune suite de cela. Il a été isolé dans une cellule et a vécu dans des conditions inhumaines et dégradantes », a-t-il dit. Avant de poursuivre : « ensuite quand il a fallu le juger, on a refusé de le juger pendant près de six mois. Il a fallu que la Cedeao soit saisie de sa situation et de la violation des dispositions du pacte et de la charte africaine des droits de l’homme pour que l’Etat du Sénégal s’empresse de programmer le dossier.

 

La défense compte attaquer la décision du tribunal

A l’audience, il a été démontré que la cassette qui a été transmise par la police qui s’est plainte des accusations de corruption, était une cassette truquée et le monde qui était à l’audience a pu s’en rendre compte ». C’est au regard de ce qui précède que la robe noire ose dire sans risque de se tromper que « l’Etat a atteint ses objectifs qui est en fait de tuer civilement et politiquement Assane Diouf, le museler et c’est à travers la justice ». « Nous avons assisté depuis des temps que la justice est entre les mains des pouvoirs publics, que la justice ne dispense que des peines de nature politique, et cela contre des personnes qui expriment des opinions ou bien contre des adversaires politiques. Il est vrai qu’Assane avait une façon singulière d’exprimer ses opinions, il était aussi parfois excessif, mais il m’a fait savoir qu’il n’a jamais été ainsi. Ce sont les partisans du régime en place qui sont entrés dans son groupe. Vu les opinions pertinentes qu’il émettait, ces derniers l’injuriaient et, en réponse, il leur rendait la pareille. Et là, ils l’ont mis sur Youtube et sur internet ». En tout état de cause, les avocats comptent contester cette décision. Me Ciré Clédor Ly qui en a fait l’annonce, a confié : « il est clair que si au niveau du pays on n’arrive pas à ce qu’elle soit infirmée, nous serons obligés d’aller sur l’international parce que les droits civils et politiques, il y a un gardien, c’est le Comité des droits de l’homme des Nations unies ». Par ailleurs, en rendant sa décision, le tribunal a demandé à qu’Assane Diouf de se soumette à des examens psychiatriques, mais le tribunal n’a pas pris des dispositions appropriées pour que cela puisse se faire. Ce qui veut dire, selon l’avocat, que c’est une décision qui n’a pas de sens, qui n’est pas applicable.

Cheikh Moussa SARR

 

 

 


Source : Rewmi.com

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